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Guide d’achat : Vins blancs

Meilleurs vins blancs de Bourgogne : notre sélection 2026 en 15 cuvées

De 20 € à 950 €, de Chablis au Mâconnais. Le meilleur achat de cette page se trouve en Côte Chalonnaise, à 32 €, et l’écart de prix avec la Côte de Beaune n’a pas grand-chose à voir avec l’écart de qualité.

Le vignoble de Meursault, au sud-ouest du village, en Côte de Beaune
Le vignoble de Meursault, au sud-ouest du village. Photo Benjamin Smith / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
L’essentiel : la réponse en bref

Le meilleur emploi de votre argent : le Rully 1er cru « Clos Saint-Jacques » du Domaine de la Folie, environ 32 €. Un monopole de 1,69 hectare, des vignes de 80 à 90 ans : une fiche technique de grand vin, à un prix de village.

Pour découvrir sans se tromper : le Mâcon-Verzé du Domaine Rijckaert à environ 22 €, ou le Chablis « Envers de Valmur » des Malandes à 26 €.

Pour un grand blanc : le Chablis grand cru « Les Clos » de William Fèvre, autour de 185 €, le grand cru le plus lisible de Bourgogne, et de loin le moins cher à ce niveau.

Ce qu’il faut savoir avant d’acheter : sur ce panel, le prix moyen est de 125 € mais la médiane de 45 €. Une seule bouteille tire toute la moyenne. C’est la caractéristique du marché bourguignon, et la raison pour laquelle un « prix moyen » n’y veut rien dire.

Notre méthode

La Bourgogne blanche est le vignoble français où l’écart de prix entre deux bouteilles du même cépage est le plus grand : de 20 € à plusieurs milliers. Constituer un panel utile suppose donc de couvrir toute l’échelle, pas seulement la partie confortable.

  • Les quatre sous-régions. Chablis, Côte de Beaune, Côte Chalonnaise et Mâconnais, parce qu’elles ne produisent pas le même vin, et que confondre les deux dernières est l’erreur la plus fréquente des guides en ligne.
  • Toute l’échelle de prix. Du Bourgogne régional à 20 € au premier cru de Puligny à 950 €. Nous incluons cette dernière non pour la recommander, mais parce qu’elle situe le haut du marché.
  • Des prix vérifiés à la source. Relevés en août 2026 chez des cavistes et négociants français. Sur les cuvées rares, nous indiquons la fourchette plutôt qu’un chiffre unique : elle varie énormément.
  • Pas de note de dégustation maison. Nous décrivons les profils tels que les établissent les domaines et les guides, et nous n’attribuons que notre indice de rapport qualité-prix, qui est un jugement d’achat.
Notre avis
Le jugement de la rédaction sur l’intérêt de l’achat à ce prix, notre apport éditorial, et ce que nous assumons.
Le profil
Les caractères du vin tels que les décrivent le domaine, les guides et les jurys. Ce ne sont pas nos notes de dégustation.
L’indice JDV, sur 20
Notre indice de rapport qualité-prix : le prix face aux concurrents du même segment, la lisibilité de l’origine, la régularité du domaine, et ce que la bouteille apporte qu’une autre du même prix n’apporte pas. Une bouteille peut être notée bas tout en étant un très grand vin : l’indice mesure ce que vous obtenez pour votre argent, pas la qualité absolue.

Tableau comparatif : les 15 cuvées

Sélection Le Journal du Vin 2026, classée par prix croissant
Domaine et cuvée Appellation Sous-région Prix Indice JDV
Joseph Drouhin, LaforêtBourgogneRégional≈ 20 €15/20
Domaine Rijckaert, Mâcon-VerzéMâcon-VerzéMâconnais≈ 22 €17/20
Domaine des Malandes, « Envers de Valmur »ChablisChablis≈ 26 €17/20
Domaine de la Folie, « Clos Saint-Jacques » ★ meilleur achatRully 1er cruChalonnaise≈ 32 €19/20
Laurent Cognard, « Les Bassets »Montagny 1er cruChalonnaise≈ 32 €17/20
Château de Davenay, « La Grande Pièce »Montagny 1er cruChalonnaise≈ 35 €17/20
Domaine Valette, « Tradition »Pouilly-FuisséMâconnais≈ 38 €16/20
Domaine Faiveley, « La Framboisière »Mercurey blancChalonnaise≈ 45 €15/20
Domaine Vocoret, « Montée de Tonnerre »Chablis 1er cruChablis≈ 55 €17/20
Château de Puligny-MontrachetBourgogneRégional≈ 56 €13/20
Domaine Michel Bouzereau, « Les Grands Charrons »MeursaultCôte de Beaune≈ 75 €16/20
Louis Jadot, Meursault-CharmesMeursault 1er cruCôte de Beaune≈ 120 €15/20
Domaine William Fèvre, « Les Clos » ★ notre coup de cœurChablis grand cruChablis≈ 185 €17/20
Domaine Ramonet, « Les Vergers »Chassagne 1er cruCôte de Beaune≈ 188 €15/20
Domaine Leflaive, « Les Pucelles »Puligny 1er cruCôte de Beaune≈ 950 €10/20

L’indice mesure le rapport qualité-prix, jamais la qualité absolue. Le Leflaive « Les Pucelles » est probablement le plus grand vin de cette page : son 10/20 dit seulement qu’à 950 € la bouteille, on n’achète plus du vin mais de la rareté.

Chablis : le chardonnay sans le bois

Chablis est à cent kilomètres au nord du reste de la Bourgogne, plus près de la Champagne que de Beaune. Le vignoble pousse sur le kimméridgien, un calcaire marneux truffé de petites huîtres fossiles vieilles de 150 millions d’années, d’où cette salinité que l’on retrouve dans le verre et qu’aucun autre chardonnay français ne donne aussi nettement.

  • Domaine des Malandes, Chablis « Envers de Valmur » ≈ 26 € Indice JDV 17/20

    Chablis village · 2023

    Notre avis : la meilleure porte d’entrée du panel dans Chablis. La parcelle jouxte le grand cru Valmur, ce qui n’en fait évidemment pas un grand cru, mais explique la densité qu’on ne trouve pas toujours à ce niveau d’appellation. Agrumes, craie, une acidité franche. À 26 €, c’est le Chablis qu’on achète par six.

  • Domaine Vocoret, Chablis 1er cru « Montée de Tonnerre » ≈ 55 € Indice JDV 17/20

    Chablis premier cru · rive droite du Serein

    Notre avis : Montée de Tonnerre est le premier cru le plus proche des grands crus, dont il n’est séparé que par un vallon, et beaucoup d’amateurs le préfèrent à certains grands crus moins bien exposés. Tension, citron, pierre à fusil, et une longueur qui justifie le passage de 26 à 55 €. C’est le palier intelligent si le Chablis vous intéresse vraiment.

  • Domaine William Fèvre, Chablis grand cru « Les Clos » ≈ 185 € Coup de cœur Indice JDV 17/20

    Chablis grand cru · 2022

    Notre avis : notre coup de cœur, et le seul grand cru de cette page dont l’indice reste haut. Les Clos est le plus vaste et le plus réputé des sept grands crus de Chablis, et Fèvre y détient l’une des meilleures positions. Le vin est ample, presque gras pour un Chablis, avec une salinité qui ne lâche pas et une garde de vingt ans. À 185 €, il coûte cinq fois moins qu’un grand cru équivalent en Côte de Beaune, pour un vin qui ne joue pas dans une catégorie inférieure.

    Prix relevé : autour de 185 €. On lit parfois 130 € : c’est le tarif d’il y a quelques millésimes.

Côte Chalonnaise : là où se trouve la valeur

Cinq appellations (Bouzeron, Rully, Mercurey, Givry, Montagny) sur un coteau discontinu au sud de la Côte de Beaune. Même cépage, même climat ou presque, sols proches : la différence tient à une hiérarchie de prestige établie au XIXe siècle, pas à une différence de nature. C’est ce qui en fait le meilleur terrain de chasse de la Bourgogne blanche.

Précision qui compte : Montagny appartient à la Côte Chalonnaise, pas au Mâconnais. Elle regroupe quatre communes (Buxy, Jully-lès-Buxy, Montagny-lès-Buxy et Saint-Vallerin) et ne produit que du blanc. Beaucoup de guides la classent à tort dans le Mâconnais parce qu’elle en est géographiquement proche.

  • Domaine de la Folie, Rully 1er cru « Clos Saint-Jacques » ≈ 32 € Meilleur achat Indice JDV 19/20

    Rully premier cru · monopole de 1,69 ha · Chagny

    Notre avis : le meilleur achat de cette page, et l’écart avec le reste n’est pas mince. Le domaine possède la totalité du Clos Saint-Jacques, un monopole de 1,69 hectare planté de vignes de 80 à 90 ans sur argilo-calcaire, considéré avec le Clos du Chaigne comme la meilleure parcelle blanche de Rully. Citron frais, fleurs blanches, pierre, une tension qui tient la longueur. Écrivez cette fiche technique sur une étiquette de Puligny et personne ne s’étonnerait d’un prix trois fois supérieur.

  • Laurent Cognard, Montagny 1er cru « Les Bassets » ≈ 32 € Indice JDV 17/20

    Montagny premier cru · Côte Chalonnaise

    Notre avis : Montagny compte 49 premiers crus et aucun grand cru, ce qui en dit long sur le statut de l’appellation : le classement y a été généreux, et les prix ne se sont jamais envolés. Ce « Les Bassets » est droit, citronné, avec une salinité de bonne facture. Rien de spectaculaire, tout de sérieux.

  • Château de Davenay, Montagny 1er cru « La Grande Pièce » ≈ 35 € Indice JDV 17/20

    Montagny premier cru · Buxy

    Notre avis : un peu plus large et plus mûr que le Cognard, avec un boisé discret qui arrondit sans masquer. C’est le Montagny à choisir si vous le servez sur une volaille plutôt qu’à l’apéritif.

  • Domaine Faiveley, Mercurey blanc « La Framboisière » ≈ 45 € Indice JDV 15/20

    Mercurey · monopole Faiveley

    Notre avis : honnête mais mal placé. Mercurey est d’abord une appellation de rouge, et son blanc reste minoritaire ; à 45 €, il se retrouve au-dessus de trois premiers crus de cette page qui en donnent davantage. Le vin est bon (citron, noisette, équilibre), mais on paie ici le nom Faiveley plus que le contenu.

Le Clos de la Garenne, premier cru de Puligny-Montrachet
Le Clos de la Garenne, premier cru de Puligny-Montrachet. Photo Benjamin Smith / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Mâconnais : l’entrée en matière

Tout au sud, à la charnière avec le Beaujolais. Climat plus doux, vins plus ronds et plus fruités, prix plus bas, sauf à Pouilly-Fuissé, dont la cote a nettement monté depuis la création de ses premiers crus en 2020.

  • Domaine Rijckaert, Mâcon-Verzé ≈ 22 € Indice JDV 17/20

    Mâcon-Verzé · 2023

    Notre avis : le vin à mettre entre les mains de quelqu’un qui trouve la Bourgogne inaccessible. Agrumes, fleurs blanches, une fraîcheur nette et aucun maquillage. Rijckaert a bâti sa réputation sur exactement cela : des blancs du sud de la Bourgogne vinifiés avec la rigueur qu’on réserve d’ordinaire à la Côte d’Or.

  • Domaine Valette, Pouilly-Fuissé « Tradition » ≈ 38 € Indice JDV 16/20

    Pouilly-Fuissé · vinification à faible intervention

    Notre avis : un Pouilly-Fuissé de facture ancienne, mûr, avec un élevage long et très peu de soufre, un style qui divise et qu’il faut connaître avant d’acheter. Ceux qui l’aiment n’en démordent pas ; les autres le trouveront trop marqué. À 38 €, c’est un pari assumé plutôt qu’une valeur sûre.

  • Joseph Drouhin, Laforêt Bourgogne Chardonnay ≈ 20 € Indice JDV 15/20

    Bourgogne régional · assemblage multi-régions

    Notre avis : le repère du rayon. Laforêt est un Bourgogne régional de négoce, présent partout, régulier d’une année sur l’autre : citron, fleur blanche, rien qui dépasse. Ce n’est pas une découverte, c’est un étalon, la bouteille à laquelle comparer tout ce qui coûte 20 € en Bourgogne blanche.

Côte de Beaune : le sommet, et son prix

Meursault, Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet : trois villages contigus sur quelques kilomètres, qui produisent les chardonnays les plus recherchés du monde. La différence entre eux tient à peu de chose (un peu plus de gras à Meursault, un peu plus de tension à Puligny), mais cette nuance se paie très cher.

  • Château de Puligny-Montrachet, Bourgogne blanc ≈ 56 € Indice JDV 13/20

    Bourgogne régional · domaine de Puligny

    Notre avis : le piège classique de la Côte de Beaune. C’est un Bourgogne régional, l’appellation la plus basse de la hiérarchie, vendu 56 € parce qu’il porte le nom d’un domaine prestigieux de Puligny. Le vin est bien fait ; il coûte le double de ce que vaut son appellation. À ce prix, le Chablis 1er cru de Vocoret ou le Rully du Domaine de la Folie sont des achats sans commune mesure.

  • Domaine Michel Bouzereau, Meursault « Les Grands Charrons » ≈ 75 € Indice JDV 16/20

    Meursault village · lieu-dit

    Notre avis : le Meursault le plus raisonnable de cette page, et une vraie entrée dans le style. Beurre frais, noisette, fleurs blanches, une bouche large soutenue par assez d’acidité pour ne pas tomber dans le gras. Si vous voulez comprendre pourquoi Meursault a cette réputation sans y laisser trois chiffres, c’est ici.

  • Louis Jadot, Meursault-Charmes 1er cru ≈ 120 € Indice JDV 15/20

    Meursault premier cru · Les Charmes

    Notre avis : Les Charmes est le plus vaste et l’un des plus réputés des premiers crus de Meursault, et Jadot en signe une version large, miellée, très démonstrative. C’est un grand vin de table ; il coûte 45 € de plus que le Bouzereau pour une différence de registre plutôt que de niveau.

  • Domaine Ramonet, Chassagne-Montrachet 1er cru « Les Vergers » ≈ 188 € Indice JDV 15/20

    Chassagne-Montrachet premier cru

    Notre avis : un domaine mythique et une cuvée d’une élégance incontestable, citron confit, amande, minéralité tendue, vingt ans de garde. L’indice ne sanctionne pas le vin mais l’effet de nom : chez Ramonet, une part du prix tient à la rareté et à la demande américaine et asiatique, pas au contenu de la bouteille.

  • Domaine Leflaive, Puligny-Montrachet 1er cru « Les Pucelles » ≈ 950 € Indice JDV 10/20

    Puligny-Montrachet premier cru · biodynamie

    Notre avis : l’un des plus grands blancs secs du monde, et un achat que nous ne recommandons à personne. Les Pucelles jouxte le grand cru Bâtard-Montrachet et en approche le niveau ; Leflaive, en biodynamie depuis les années 1990, y produit un vin d’une finesse presque irréelle. Mais à 950 € la bouteille, le prix est fixé par un marché de collection mondial, pas par ce qu’il y a dans le verre. Nous l’indiquons pour situer le plafond, pas pour vous y envoyer.

    Prix relevé : environ 950 € sur le millésime 2022, avec de fortes variations selon les cavistes. Les listes qui l’annoncent à 650 € sont en dessous du marché réel.

Comprendre la hiérarchie des appellations

C’est le point qui rend la Bourgogne illisible aux acheteurs occasionnels, et celui qui coûte le plus cher quand on l’ignore. Quatre niveaux, du plus large au plus étroit :

Régional

≈ 50 % de la production · 15 à 25 €

« Bourgogne », « Mâcon », « Coteaux Bourguignons ». Les raisins peuvent venir de toute la région. C’est le niveau du Laforêt de Drouhin, et, malgré son prix, celui du Château de Puligny-Montrachet.

Village

≈ 35 % · 25 à 90 €

Le nom d’une commune : Chablis, Meursault, Rully. Les raisins viennent de cette seule commune. Un lieu-dit peut être précisé sur l’étiquette en petits caractères, comme « Les Grands Charrons » chez Bouzereau.

Premier cru

≈ 10 % · 30 à 1 000 €

Un climat délimité au sein d’une commune, écrit après le nom du village : « Rully 1er cru Clos Saint-Jacques ». C’est le niveau où l’écart de prix entre sous-régions devient absurde, 32 € à Rully, 950 € à Puligny, pour la même mention.

Grand cru

≈ 1 % · 150 € et au-delà

Le climat porte seul le nom de l’appellation, sans celui du village : on écrit « Corton-Charlemagne », pas « Aloxe-Corton grand cru ». Chablis fait exception avec ses sept grands crus regroupés sous une seule appellation, dont Les Clos.

La leçon pratique : le niveau d’appellation compte moins que le couple appellation × sous-région. Un premier cru de Côte Chalonnaise coûte moins qu’un régional de la Côte de Beaune, et vaut souvent bien davantage.

Les millésimes 2019-2024 en blanc

Où en sont les millésimes récents, en 2026
Millésime Profil Statut en 2026
2019Solaire, généreux, alcool élevéÀ boire sur les villages, à attendre sur les 1ers crus
2020Concentré, riche, faible rendementEncore un peu jeune sur les 1ers crus
2021Tendu, maigre, marqué par le gel d’avrilExcellent à Chablis, irrégulier ailleurs
2022Maturité solaire et acidité préservéeLe millésime de la décennie en blanc
2023Aromatique, fruité, généreux en volumeAgréable dès maintenant, bon rapport prix
2024Frais, petite récolteTrop tôt pour juger

Le gel du 4 au 8 avril 2021 explique une grande partie des tensions de prix actuelles : il a amputé la récolte bourguignonne d’environ la moitié, et les stocks ne s’en sont jamais complètement remis. Quand on s’étonne du prix d’un Meursault en 2026, c’est aussi de cela qu’il s’agit.

Une réserve à garder en tête sur la garde : la Bourgogne blanche a connu, à partir des millésimes du milieu des années 1990, une vague d’oxydations prématurées qui a touché des bouteilles de très haut niveau. Bouchons et pratiques de cave ont beaucoup progressé depuis, mais le réflexe prudent, sur un blanc de Bourgogne, reste d’ouvrir plus tôt que tard.

Notre analyse

Les chiffres qui suivent portent sur les quinze bouteilles de cette page, et sur elles seules.

45 €Prix médian
du panel
125 €Prix moyen
(trompeur)
10/15Cuvées
sous 60 €
Répartition du panel par sous-région
Sous-région Nombre Prix médian
Côte Chalonnaise4 / 15≈ 33,50 €
Côte de Beaune4 / 15≈ 154 €
Chablis3 / 15≈ 55 €
Mâconnais2 / 15≈ 30 €
Régional2 / 15≈ 38 €

Quatre enseignements

  1. La moyenne ment, la médiane parle. Prix moyen 125 €, prix médian 45 € : l’écart vient d’une seule bouteille à 950 €. C’est structurel en Bourgogne, où quelques centaines de bouteilles de Puligny pèsent plus lourd, en valeur, que des milliers d’hectolitres de Mâcon. Méfiez-vous de tout guide qui vous annonce un « prix moyen » sur ce vignoble.
  2. La Côte Chalonnaise est le seul segment où l’indice reste haut partout. Quatre cuvées, prix médian 33,50 €, et trois indices à 17 ou plus. C’est là que se trouve la valeur, et cela n’a rien d’un secret : simplement, ces noms ne se vendent pas tout seuls.
  3. Le nom du domaine coûte plus cher que le niveau d’appellation. Un Bourgogne régional signé Château de Puligny-Montrachet vaut 56 € ; un premier cru de Rully en vaut 32. Le marché ne paie pas la hiérarchie officielle, il paie la réputation.
  4. Chablis est le meilleur endroit pour acheter un grand cru. 185 € pour Les Clos, contre plusieurs milliers pour un grand cru blanc de la Côte de Beaune. À ce niveau de qualité, l’écart n’a plus de justification œnologique : il est purement géographique.

Notre verdict : pour l’achat le plus intelligent, le Rully « Clos Saint-Jacques » à 32 €. Pour découvrir la Bourgogne blanche, le Mâcon-Verzé de Rijckaert à 22 €. Pour un grand vin sans déraisonner, le Chablis grand cru Les Clos de William Fèvre à 185 €. Et pour comprendre Meursault, le Bouzereau « Les Grands Charrons » à 75 €.

FAQ : Vos questions sur les blancs de Bourgogne

Quel est le meilleur vin blanc de Bourgogne en rapport qualité-prix ?

Le Rully 1er cru « Clos Saint-Jacques » du Domaine de la Folie, autour de 32 €. C’est un monopole de 1,69 hectare planté de vignes de 80 à 90 ans, sur argilo-calcaire, dans la meilleure parcelle blanche de l’appellation, le genre de fiche technique qui coûterait trois fois ce prix vingt kilomètres plus au nord. La Côte Chalonnaise est le seul endroit de Bourgogne où l’on achète encore un premier cru de vieilles vignes sous 35 €.

Quelle est la différence entre Chablis, Meursault et Puligny-Montrachet ?

Un seul cépage, le chardonnay, et trois expressions que le sol et le climat séparent nettement. Chablis, à cent kilomètres au nord du reste de la Bourgogne, pousse sur le kimméridgien, un calcaire fossilifère : les vins y sont tendus, salins, sur le citron et la pierre à fusil, avec une acidité tranchante. Meursault, en Côte de Beaune, donne des vins plus larges et plus gras, sur la noisette, le beurre et les fruits jaunes, c’est le village blanc le plus opulent de la Côte. Puligny-Montrachet, son voisin immédiat, produit des vins plus fins et plus tendus que Meursault, sur les fleurs blanches et l’amande, avec une minéralité plus marquée. Une nuance de terroir explique l’écart entre les deux : Puligny a une nappe phréatique haute qui interdit les caves profondes, et des sols plus caillouteux.

Quel millésime choisir pour un blanc de Bourgogne en 2026 ?

Le 2022 est le millésime de référence de la décennie en blanc : une maturité solaire sans lourdeur, une acidité préservée, et une régularité rare d’une appellation à l’autre. C’est celui qu’il faut acheter pour la cave. Le 2023 est très bon et plus abordable, aromatique, agréable jeune. Le 2021, plus maigre et plus tendu à cause du gel d’avril, est excellent à Chablis où la tension est un atout, plus irrégulier en Côte de Beaune. Le 2020 est concentré et riche, à attendre encore un peu sur les premiers crus. Le 2024, à peine en bouteille, ne se juge pas encore.

À quelle température servir un vin blanc de Bourgogne ?

Entre 10 et 12 °C pour un Chablis, un Mâcon ou un Bourgogne régional : la fraîcheur y fait partie du style. Entre 12 et 14 °C pour un premier cru ou un grand cru de la Côte de Beaune, un Meursault servi à 8 °C ne livre ni son gras ni sa noisette, et l’on paie très cher pour ne rien sentir. La règle simple : plus le vin est complexe, moins il supporte le froid. Sortez la bouteille du réfrigérateur vingt minutes avant, plutôt que de la servir glacée.

Combien de temps peut-on garder un vin blanc de Bourgogne ?

Trois à cinq ans pour un Bourgogne régional ou un Mâcon, cinq à dix ans pour un village, huit à quinze ans pour un premier cru, quinze à trente ans pour un grand cru. Une réserve importante toutefois : la Bourgogne blanche a connu à partir des millésimes 1995 une vague d’oxydations prématurées qui a touché des bouteilles de haut niveau, et la confiance dans la garde très longue en a été durablement entamée. Les bouchons et les pratiques de cave ont beaucoup progressé depuis, mais sur un blanc de Bourgogne, la prudence consiste à ouvrir plus tôt que tard.

Faut-il payer le prix de la Côte de Beaune pour un bon blanc de Bourgogne ?

Non, et notre panel le montre assez brutalement. Sur quinze cuvées, le prix moyen ressort à 125 € mais la médiane à 45 € : une seule bouteille, un Leflaive à 950 €, tire toute la moyenne. Les deux tiers de la sélection tiennent sous 60 €, et le meilleur achat est un premier cru de Côte Chalonnaise à 32 €. La Côte de Beaune vend une hiérarchie de climats établie au XIXe siècle et une rareté réelle ; elle ne vend pas trois fois plus de qualité que Rully ou Montagny.

Sources

Article rédigé par

Camille Rousseau

Journaliste et consultante en vins et spiritueux, Camille Rousseau conçoit les guides d’achat du Journal du Vin : cuvées goûtées en rédaction quand les bouteilles lui parviennent, sélections recoupées avec les palmarès publiés (Revue du Vin de France, Bettane+Desseauve, Guide Hachette, concours), prix vérifiés en caviste et en grande distribution. Elle accompagne par ailleurs des cavistes indépendants dans la construction de leur gamme. Voir sa page auteur · LinkedIn.

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