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Guide d’achat : Vins rosés

Quels sont les meilleurs vins rosés pour l’été ?

Neuf rosés retenus pour la saison, du demi-sec de Loire à 9 € au Bandol de garde à 31,40 €. Chacun adossé à une distinction publiée ou à un prix relevé, et les quatre critères qui séparent un rosé d’été d’un rosé tout court.

Le vignoble des Côtes de Provence entre Cuers et Pierrefeu-du-Var
Le vignoble des Côtes de Provence entre Cuers et Pierrefeu-du-Var, vu depuis la colline de la chapelle. Photo Bonvol / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
L’essentiel : la réponse en bref

Le meilleur rapport qualité-prix : le Bleu de Mer de Bernard Magrez, IGP Pays d’Oc, relevé à 12,50 € chez Auchan en août 2026. C’est le seul rosé de cette page qui cumule deux distinctions internationales et une disponibilité en grande surface partout en France.

Pour la table : le Domaine Tempier en Bandol, à 31,40 €, noté 93 sur 100 par le Guide Parker. C’est le seul rosé de la sélection qui se garde, et le seul qui tienne devant un agneau ou une bouillabaisse.

Pour les grillades : le Tavel du Château de Trinquevedel, entre 14 et 16 €. Plus coloré et plus charpenté qu’un Provence, il ne s’efface pas devant une côte de bœuf ni devant une cuisine épicée.

L’erreur à ne plus commettre : servir trop froid. Sorti d’un réfrigérateur réglé à 4 °C, un rosé est anesthésié et ne montre plus rien. La fenêtre utile est 8 à 10 °C pour les rosés légers, 10 à 12 °C pour un Bandol ou un Tavel.

Notre méthode, et ce que cette page n’est pas

Cette sélection retient neuf rosés disponibles en France à l’été 2026, classés par prix croissant et non par préférence. Chaque cuvée est retenue pour une raison vérifiable : une distinction publiée par un concours ou un guide identifié, un classement d’appellation, ou un positionnement de prix que nous avons relevé nous-mêmes.

Notre avis
Le jugement de la rédaction sur l’intérêt de l’achat à ce prix, c’est notre apport éditorial, et c’est ce que nous assumons.
Le profil
Les caractères du vin tels que les décrivent les domaines et la critique spécialisée. Ce ne sont pas nos notes de dégustation : nous ne produisons pas de note chiffrée de dégustation, et nous citons celles des critiques sous leur propre nom.
L’indice JDV, sur 20
Notre indice de rapport qualité-prix. Il agrège quatre critères pondérés à parts égales : le prix face aux concurrents du même segment, la régularité du producteur, les distinctions obtenues, et ce que la bouteille apporte qu’une autre du même prix n’apporte pas. Une cuvée peut donc être notée bas tout en étant un très grand vin : c’est le cas du Bandol de Tempier, excellent et cher.
Les prix
Relevés en août 2026, chez un distributeur français nommé quand nous avons pu en arrêter un, en fourchette constatée sinon. Les rosés bougent vite en rayon : vérifiez avant d’acheter.

Ce que vous ne trouverez pas ici : des récits de dégustation que nous n’avons pas faites, ni de sondage maison. Quand nous citons un chiffre de marché, il vient d’une source nommée et datée.

Neuf rosés pour l’été, classés par prix croissant

Sélection Le Journal du Vin 2026, classée par prix croissant : prix relevés en août 2026, indice de rapport qualité-prix
Domaine et cuvée Appellation Prix Indice JDV Usage
Petite Roche, Cabernet d’Anjou Essentiel 2025Cabernet d’Anjou≈ 8 à 10 €15/20Apéritif, desserts fruités
Bleu de Mer, Bernard MagrezIGP Pays d’Oc≈ 12,50 €17/20Apéritif, grande tablée
Château Puech-Haut, Argali 2025IGP Pays d’Oc≈ 12,80 €16/20Apéritif, cuisine méditerranéenne
Domaine Fiumicicoli 2025Corse Sartène≈ 13 à 17 €16/20Poissons grillés, charcuterie
Château de Trinquevedel 2025Tavel≈ 14 à 16 €16/20Grillades, plats épicés
Château Minuty, cuvée Prestige 2025Côtes de Provence≈ 18 à 20 €15/20Poissons, table soignée
Château Léoube, Origine 2025Côtes de Provence≈ 19 à 22 €14/20Poissons, salades composées
Château Miraval 2025Côtes de Provence≈ 20 à 22 €13/20Apéritif, table consensuelle
Domaine Tempier 2025Bandol≈ 31,40 €15/20Repas gastronomique, garde

Seuls trois prix ont pu être arrêtés à la source : 12,50 € pour le Bleu de Mer chez Auchan, 12,80 € pour l’Argali chez un caviste en ligne, et 31,40 € à l’unité pour le Tempier. Les autres sont des fourchettes constatées d’un circuit à l’autre.

  • Domaine de la Petite Roche : Cabernet d’Anjou Essentiel 2025 ≈ 8 à 10 € Indice JDV 15/20

    Cabernet d’Anjou · Lys-Haut-Layon, Maine-et-Loire · cabernet franc et cabernet sauvignon

    Notre avis : le seul demi-sec de cette page, et il est là pour une raison précise. Sous 10 €, aucun rosé sec français ne porte une distinction de ce niveau. C’est un vin d’apéritif et de dessert, pas un vin de repas : si vous cherchez à accompagner un plat salé, passez au suivant.

    Le profil : framboise, groseille et rose, bouche souple dont la sucrosité est tenue par l’acidité naturelle des deux cabernets. Le cahier des charges de l’appellation situe les sucres résiduels entre 10 et 30 grammes par litre.

    Une distinction qui n’est pas la nôtre : médaille d’or au Concours Général Agricole 2026 pour la cuvée Essentiel 2025. Nous ne produisons pas de note de dégustation.

  • Bleu de Mer, Bernard Magrez ≈ 12,50 € Indice JDV 17/20

    IGP Pays d’Oc · Languedoc · 60 % grenache, 40 % cinsault · 12,5°

    Notre avis : le meilleur indice de la sélection, et l’explication tient en trois points. Deux distinctions internationales, une disponibilité en grande distribution que ne partage aucun autre vin de cette page, et un prix relevé à 12,50 € chez Auchan en août 2026. Ce n’est pas un domaine mais une marque, celle de la maison Bernard Magrez : ne cherchez pas ici le dépaysement d’un sciaccarellu corse ni la trame d’un Bandol, mais un rosé d’apéritif largement disponible et régulièrement médaillé.

    Le profil : robe pâle aux reflets saumonés, petits fruits rouges, framboise et agrumes, avec une pointe florale. Bouche vive et fruitée. C’est l’assemblage le plus répandu du rosé français.

    Des distinctions qui ne sont pas les nôtres : or au concours Bettane+Desseauve 2023 et or au Concours mondial de Bruxelles 2024. Sur les millésimes antérieurs, James Suckling l’avait noté 91 puis 90 sur 100. Sur le prix : 12,50 € relevé chez Auchan, mais la fourchette constatée d’un circuit à l’autre va de 10 à 17 €, l’écart le plus large de cette sélection.

  • Château Puech-Haut : Argali rosé 2025 ≈ 12,80 € Indice JDV 16/20

    IGP Pays d’Oc · Saint-Drézéry, Hérault · 60 % grenache, 40 % cinsault

    Notre avis : l’alternative directe au Bleu de Mer, au même prix et sur le même assemblage, mais chez un producteur propriétaire plutôt qu’une marque. L’Argali est l’ancienne cuvée Prestige du domaine, rebaptisée : si vous cherchez une référence sous 15 € qu’un caviste saura vous commenter, c’est celle-là plutôt que le Bleu de Mer.

    Le profil : framboise, pêche de vigne et pamplemousse rose, avec une note florale d’églantine. Bouche fruitée et équilibrée. La bouteille à pans coupés et bouchon de verre est reconnaissable en rayon.

    Confirmé par : fiche produit du domaine et relevés de prix chez plusieurs cavistes en ligne français, août 2026. Aucune distinction publiée relevée sur le millésime 2025.

  • Domaine Fiumicicoli : Corse Sartène rosé 2025 ≈ 13 à 17 € Indice JDV 16/20

    Corse Sartène · Corse-du-Sud · nielluccio et sciaccarellu · agriculture biologique

    Notre avis : le choix à faire si vous voulez sortir du style provençal sans changer de budget. Le sciaccarellu ne se cultive quasiment qu’en Corse, et il donne aux rosés de l’île un registre qu’aucune autre région française ne propose. Sartène, au sud, est l’une des appellations les plus régulières de Corse.

    Le profil : nez d’agrumes et de fruits exotiques, bouche ample et minérale. Sur la charcuterie corse et les poissons grillés, il tient là où un Côtes de Provence pâle s’efface.

    Confirmé par : site officiel du domaine, certification en agriculture biologique et encépagement. Prix en fourchette constatée, non arrêté à la source.

  • Château de Trinquevedel : Tavel rosé 2025 ≈ 14 à 16 € Indice JDV 16/20

    Tavel · Gard · grenache dominant, cinsault, clairette · 32 hectares

    Notre avis : le rosé de repas le moins cher de cette page, et le plus mal compris. Un Tavel n’est pas un Provence raté parce qu’il est plus coloré : c’est un vin construit autrement, avec une macération plus longue et une vraie matière. Guillaume Demoulin est la quatrième génération sur la propriété, achetée par son arrière-grand-père en 1936, l’année même où l’appellation Tavel a été créée.

    Le profil : robe soutenue, presque cuivrée, nez de fruits rouges, d’épices et de garrigue, bouche ample et texturée. Il supporte la côte de bœuf, les plats en sauce et la cuisine relevée.

    Confirmé par : site officiel du château et cahier des charges de l’appellation Tavel. À savoir : contrairement à ce qu’on lit souvent, Tavel n’est pas la seule appellation française entièrement dédiée au rosé ; le Rosé des Riceys, dans l’Aube, l’est aussi.

  • Château Minuty : cuvée Prestige rosé 2025 ≈ 18 à 20 € Indice JDV 15/20

    Côtes de Provence · Gassin, Var · cru classé de 1955 · grenache, cinsault, tibouren, syrah

    Notre avis : le meilleur point d’entrée dans les crus classés de Provence, cette liste de 23 propriétés arrêtée en 1955 et jamais rouverte depuis, dont 18 subsistent. Minuty en fait partie. À 18 €, vous payez une mention qui ne s’obtient plus, ce qui explique l’écart avec un Pays d’Oc de même style. L’indice reste moyen parce que ce surcoût se voit davantage sur l’étiquette que dans le verre.

    Le profil : robe très pâle, nez de pêche, d’abricot et de fleurs blanches, bouche vive et saline. Vendanges manuelles.

    Confirmé par : classement des crus classés des Côtes de Provence de 1955 et fiche officielle du domaine. Prix constaté à partir de 18,30 € chez les comparateurs français en août 2026.

  • Château Léoube : Origine rosé 2025 ≈ 19 à 22 € Indice JDV 14/20

    Côtes de Provence · Bormes-les-Mimosas, Var · agriculture biologique certifiée

    Notre avis : le choix bio de cette page, sur un domaine du littoral varois converti de longue date. Le vin est sincère et bien fait ; l’indice est retenu parce qu’à ce prix, la concurrence provençale est nombreuse et que le bio ne suffit pas à justifier l’écart avec un Pays d’Oc à 13 €. Prenez-le si la certification compte pour vous.

    Le profil : fruits à chair blanche, notes exotiques et touche épicée, bouche ronde et persistante.

    Confirmé par : boutique officielle du domaine et certification en agriculture biologique. Aucune distinction publiée relevée sur le millésime 2025.

  • Château Miraval rosé 2025 ≈ 20 à 22 € Indice JDV 13/20

    Côtes de Provence · Correns, Var · élaboré par la Famille Perrin

    Notre avis : le rosé de Provence le plus connu du monde, et c’est précisément le problème de son indice. Le vin est propre, régulier et consensuel, élaboré par la Famille Perrin, maison rhodanienne dont le savoir-faire n’est pas en cause. Mais une part du prix paie une notoriété, pas une différence dans le verre : à 20 €, l’Argali à 12,80 € ou le Tavel de Trinquevedel en donnent davantage. Achetez-le pour ce qu’il est, une valeur sûre sans risque, pas pour une supériorité qualitative.

    Le profil : pêche blanche, fraise fraîche et zeste d’agrume, attaque vive et bouche sans lourdeur. Le millésime 2025 a été marqué en Provence par plusieurs épisodes de forte chaleur et des maturités précoces.

    Confirmé par : fiche du millésime 2025 publiée par la Famille Perrin. Aucune distinction publiée relevée sur ce millésime.

  • Domaine Tempier : Bandol rosé 2025 31,40 € Indice JDV 15/20

    Bandol · Le Plan du Castellet, Var · mourvèdre dominant, grenache, cinsault, carignan

    Notre avis : le seul vrai rosé de repas de cette sélection, et le seul qui se garde. Bandol est la seule appellation française dont le cahier des charges impose un minimum de 50 % de mourvèdre dans les rosés ; ce cépage tardif donne une trame tannique qu’aucun autre rosé français n’a. L’indice à 15/20 ne dit pas que le vin est moyen, il dit qu’il est cher : c’est le prix d’une catégorie sans équivalent.

    Le profil : fruits mûrs, goyave, baies rouges, fleurs et agrumes confits, bouche dense et profonde. Il tient cinq ans en cave et y gagne.

    Une note qui n’est pas la nôtre : 93/100 au Guide Parker. Nous ne produisons pas de note de dégustation. Sur le prix : 31,40 € à l’unité relevés chez un distributeur français en août 2026, 30,77 € par six.

Ce qui fait un rosé d’été, et pas seulement un rosé

Tous les rosés ne conviennent pas à la saison. Quatre critères séparent une bouteille qui tient sur une terrasse à 30 °C d’une bouteille qui fatigue au deuxième verre.

  1. Une acidité franche. C’est elle qui désaltère et qui donne envie d’un deuxième verre. Un rosé mou paraît lourd dès que la température monte, et il monte toujours dans un verre posé au soleil. C’est le premier critère, avant le fruit.
  2. Un degré modéré. Entre 12 et 13 % vol., un rosé reste digeste. Au-delà de 13,5 %, la chaleur amplifie la sensation d’alcool et le vin devient fatigant. Les huit rosés secs de cette page sont tous sous ce seuil.
  3. Un fruit qui vient du raisin. Framboise, fraise, pêche, agrumes selon les régions. Un fruité trop démonstratif, identique d’une cuvée à l’autre, signale souvent un travail de levures plutôt qu’un terroir. C’est ce qui distingue un rosé de domaine d’un rosé industriel.
  4. Le sec, sauf usage précis. Un rosé sec accompagne un repas complet sans lasser. Le demi-sec, Cabernet d’Anjou en tête, garde sa place à l’apéritif et sur les desserts fruités, mais il ne tient pas un repas salé.

Un cinquième critère ne se lit pas sur l’étiquette : le millésime. Hors Bandol, un rosé de plus de deux ans a perdu l’essentiel de son fruit. En rayon, regardez l’année avant la couleur.

Les régions du rosé d’été

La France produit du rosé presque partout, mais six régions structurent l’offre estivale. Notre guide des vins rosés par région détaille les familles et les crus classés ; voici ce qui compte pour l’été.

Provence : la référence, et son prix

La Provence pèse 38 % des rosés AOP français et 4,2 % du rosé mondial, selon le Conseil interprofessionnel des vins de Provence. Près de 90 % de sa production est du rosé, ce qui en fait la seule grande région française organisée autour de cette seule couleur. Le style est codifié : robe pâle, nez floral et fruité, bouche fraîche et saline, sur grenache, cinsault, tibouren et rolle. Comptez 15 à 25 € pour une cuvée sérieuse, davantage pour les crus classés. Notre sélection des rosés de Provence entre dans le détail des appellations.

Bandol : le seul rosé de garde

Bandol est une exception réglementaire : son cahier des charges impose 50 % de mourvèdre minimum dans les rosés. Ce cépage tardif apporte une structure tannique et une capacité de vieillissement que les autres rosés français n’ont pas. Ce sont les compagnons des repas d’été élaborés, agneau, poissons de roche en sauce, cuisine méditerranéenne. Comptez 20 à 40 €.

Tavel : le rosé de table du Rhône

Tavel, dans le Gard, produit des rosés colorés et charpentés, aux antipodes du code provençal. C’est la seule appellation exclusivement rosée de la vallée du Rhône, créée en 1936. Contrairement à ce qu’on lit fréquemment, ce n’est pas la seule de France : le Rosé des Riceys, dans l’Aube, est lui aussi réservé au seul rosé, produit en pinot noir sur de très petits volumes. Prix : 12 à 20 €.

Corse : un cépage qu’on ne trouve pas ailleurs

Le sciaccarellu, associé au nielluccio, donne aux rosés corses un registre d’agrumes et d’épices sans équivalent sur le continent. L’appellation Corse Sartène, au sud de l’île, compte plusieurs domaines certifiés bio. C’est le meilleur moyen de sortir du style provençal sans changer de budget. Prix : 12 à 22 €.

Loire : le demi-sec assumé

La Loire produit des rosés secs, Rosé de Loire et Rosé d’Anjou, et un demi-sec identitaire, le Cabernet d’Anjou, dont les sucres résiduels sont fixés entre 10 et 30 grammes par litre. Ce n’est pas un défaut mais une catégorie, à réserver à l’apéritif et aux desserts. Les prix sont les plus bas de cette page : 8 à 15 €.

Languedoc : le meilleur rapport qualité-prix

Les IGP Pays d’Oc proposent des assemblages grenache et cinsault très proches du style provençal, entre 10 et 15 €. Les deux cuvées languedociennes de cette page obtiennent un meilleur indice de rapport qualité-prix que les provençales, ce qui n’a rien d’un hasard : le nom de la région ne se paie pas. Voir aussi notre guide du rosé à moins de 15 €.

Servir et accorder un rosé d’été

La température, l’erreur la plus fréquente

Servez entre 8 et 10 °C les rosés légers et fruités, Bleu de Mer, Argali, Miraval, Minuty. Entre 10 et 12 °C les rosés structurés, le Bandol de Tempier et le Tavel de Trinquevedel, qui ont besoin d’un peu de chaleur pour livrer leurs arômes.

L’erreur ne consiste pas à servir trop chaud mais trop froid. Un réfrigérateur domestique tourne autour de 4 °C : à cette température, les arômes sont bloqués et le vin ne montre rien. Sortez la bouteille dix minutes avant de servir. Pour maintenir la température à table, un seau d’eau et de glace vaut mieux que la porte du réfrigérateur, qui refroidit de façon irrégulière.

Un verre de vin rosé
Un verre de rosé. La couleur varie avec le temps de macération et le cépage, jamais avec la qualité. Photo Sarah Stierch / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Le verre

Un verre à pied de taille moyenne, légèrement tulipé, concentre les arômes. Les verres trop larges réchauffent le vin trop vite en été ; les verres trop petits étouffent le nez. Le verre à eau, réflexe fréquent en terrasse, est le pire des deux mondes.

Les accords

  • Apéritif et grande tablée : Bleu de Mer, Argali, Miraval. Profils légers et fruités, qui tiennent devant les olives, la charcuterie légère et les tomates.
  • Poissons et fruits de mer : Minuty Prestige, Léoube Origine, Fiumicicoli. Fraîcheur et salinité sur les grillades de poisson, les huîtres et les crevettes.
  • Grillades et cuisine relevée : Trinquevedel en Tavel, Tempier en Bandol. Ce sont les deux seuls de cette page qui ne s’effacent pas devant une viande grillée.
  • Cuisine méditerranéenne et salades composées : Argali, Léoube, Miraval. Sur la salade niçoise, le taboulé et les mezze.
  • Desserts fruités : Cabernet d’Anjou de la Petite Roche, le seul de la sélection dont la sucrosité le permet.

Où en est le marché du rosé en 2026

Deux chiffres expliquent ce que vous voyez en rayon cet été. Le premier : la consommation mondiale de rosé recule depuis son pic de 2019, mais elle résiste mieux que le reste du vin tranquille. Selon l’Observatoire mondial du rosé, piloté par FranceAgriMer et le Conseil interprofessionnel des vins de Provence, le repli est de 1,7 % par an entre 2019 et 2023, contre 3,8 % pour l’ensemble des vins tranquilles.

Le second est plus récent, et il pèse directement sur les prix de cette page. En juillet 2025, le CIVP a décidé d’instaurer un volume de référence commercialisable pour les AOC Côtes de Provence, Coteaux d’Aix-en-Provence et Coteaux Varois en Provence, plafonnant la production à 1 million d’hectolitres pour 2026. Le motif tient en une phrase : le rythme de commercialisation ne permet pas d’en absorber davantage. Pour la Provence, qui a produit plus de 150 millions de bouteilles en 2024 dont 135 millions de rosés, c’est un ajustement de fond.

La conséquence pratique pour l’acheteur est simple. Les grandes marques provençales n’ont aucune raison de baisser leurs prix : elles réduisent les volumes plutôt que les tarifs. C’est mécaniquement dans les IGP du Languedoc et sur les appellations moins médiatiques, Tavel et Sartène en tête, que l’écart entre ce que vous payez et ce que vous buvez reste le plus favorable. Notre indice le reflète.

FAQ : vos questions sur le rosé d’été

Quel est le meilleur rosé pour l’été à moins de 15 euros ?

Sur cette sélection, le Bleu de Mer de Bernard Magrez, en IGP Pays d’Oc, relevé à 12,50 € chez Auchan en août 2026. C’est le seul rosé de la page qui cumule deux distinctions internationales, or au concours Bettane+Desseauve 2023 et or au Concours mondial de Bruxelles 2024, une disponibilité en grande distribution partout en France, et un prix sous les 15 €. Deux alternatives tiennent le même rang : l’Argali de Château Puech-Haut, autour de 12,80 €, et le Tavel du Château de Trinquevedel, entre 14 et 16 €, plus structuré et taillé pour les grillades. Attention aux prix relevés ailleurs : le Bleu de Mer s’achète entre 10 et 17 € selon le circuit, c’est l’écart le plus large de notre sélection.

À quelle température servir un rosé d’été ?

Entre 8 et 10 °C pour les rosés légers et fruités, Bleu de Mer, Miraval, Minuty, Argali. Entre 10 et 12 °C pour les rosés structurés, le Bandol du Domaine Tempier et le Tavel de Trinquevedel, qui ont besoin d’un peu plus de chaleur pour livrer leurs arômes. L’erreur la plus répandue en été n’est pas de servir trop chaud, mais trop froid : sorti d’un réfrigérateur réglé à 4 °C, un rosé est anesthésié et ne montre plus rien. Sortez la bouteille dix minutes avant de servir, et préférez un seau d’eau et de glace à la porte du réfrigérateur, qui refroidit de façon irrégulière.

Le rosé d’été doit-il obligatoirement être sec ?

Non, mais c’est le choix le plus polyvalent. Un rosé sec accompagne un repas complet sans lasser, s’accorde avec les plats salés et supporte mieux la chaleur. Les rosés demi-secs, en premier lieu le Cabernet d’Anjou, gardent leur place à l’apéritif et sur les desserts fruités : leur sucrosité, comprise entre 10 et 30 grammes par litre selon le cahier des charges de l’appellation, est équilibrée par l’acidité naturelle des deux cabernets, franc et sauvignon. C’est une question d’usage, pas de qualité.

Tavel est-elle la seule appellation française entièrement dédiée au rosé ?

Non, et l’affirmation circule partout. Tavel, dans le Gard, est la seule appellation exclusivement rosée de la vallée du Rhône, et de loin la plus connue, mais le Rosé des Riceys, dans l’Aube en Champagne, est lui aussi une appellation réservée au seul rosé, produite uniquement en pinot noir et sur de très petits volumes. La France compte donc deux appellations exclusivement rosées, pas une.

Peut-on garder un rosé d’été plusieurs années ?

La grande majorité des rosés se boit dans les deux ans qui suivent la récolte, et la sélection de cette page ne fait pas exception, à une réserve près. Le Bandol est le seul rosé français réellement conçu pour la garde : son cahier des charges impose un minimum de 50 % de mourvèdre, cépage tardif qui lui donne une trame tannique absente des autres rosés. Un Bandol du Domaine Tempier tient sans difficulté cinq ans, et gagne en complexité. Pour tous les autres rosés de cette sélection, y compris les Côtes de Provence de cru classé, ouvrez dans les deux ans.

Vins rosés de Provence ou du Languedoc : lequel choisir pour l’été ?

La question est d’abord budgétaire. La Provence pèse 38 % des rosés AOP français et vend son savoir-faire au prix fort : comptez 18 à 22 € pour un cru classé comme Minuty Prestige ou pour un Miraval. Le Languedoc, avec les IGP Pays d’Oc, propose des assemblages grenache et cinsault très proches dans le style, entre 12 et 14 €, et les deux cuvées languedociennes de cette page obtiennent un meilleur indice de rapport qualité-prix que les provençales. Pour un apéritif ou une grande tablée, le Languedoc gagne. Pour un repas où le vin compte autant que le plat, la Provence et surtout Bandol restent devant.

Sources

Article rédigé par

Camille Rousseau

Journaliste et consultante en vins et spiritueux, Camille Rousseau conçoit les guides d’achat du Journal du Vin : cuvées goûtées en rédaction quand les bouteilles lui parviennent, sélections recoupées avec les palmarès publiés (Revue du Vin de France, Bettane+Desseauve, Guide Hachette, concours), prix vérifiés en caviste et en grande distribution. Elle accompagne par ailleurs des cavistes indépendants dans la construction de leur gamme. Voir sa page auteur · LinkedIn.

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