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Guide d’achat : Bordeaux

Meilleur Pomerol 2026 : 14 châteaux, de moins de 30 € à Pétrus

Pomerol n’a jamais eu de classement officiel, et c’est pourtant là que se vendent certains des vins les plus chers de Bordeaux. Voici 14 châteaux, du moins cher au plus rare, avec leurs prix relevés le 17 septembre 2026, et les millésimes à acheter.

Le vignoble de Pomerol au premier plan, avec le clocher de l’église Saint-Jean et le bourg
Le vignoble de Pomerol et le clocher de l’église Saint-Jean, qui domine le bourg. Photo Pascal3012 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
L’essentiel

Une petite appellation sans classement : 768 hectares déclarés pour la récolte 2024 et environ 140 propriétés, où la hiérarchie tient à la réputation et au prix.

Des prix de 25,80 € à 4 974 € : de La Croix du Casse 2024 à Pétrus 2024, vendu en primeur et livré début 2027. Sous 60 €, 5 des 14 châteaux de notre sélection sont accessibles.

Le millésime 2024 : une petite récolte, marquée par la pluie et le mildiou, aux vins frais et fruités. En bouteille, les 2022 coûtent nettement plus cher : Vieux Château Certan passe de 170 € à 410 € chez Millesima.

Notre méthode

La sélection réunit 14 châteaux de l’appellation, des plus accessibles aux plus rares, avec 3 informations vérifiées pour chacun.

Les prix
Relevés le 17 septembre 2026, entre 11 h 59 et 12 h 08, chez des vendeurs français nommés, pour une bouteille de 75 cl, TTC. Le 2024 se vend en primeur : il se paie aujourd’hui et se livre début 2027. Pour comparer, nous donnons aussi le prix d’un millésime déjà en bouteille, en stock le jour du relevé.
Les notes
Citées sous le nom du critique ou du média. Les notes de primeur sont des fourchettes, et nous les reprenons telles quelles, sans en calculer le milieu.
Les faits
Superficies, encépagements et propriétaires viennent des sites des châteaux, du cahier des charges de l’appellation et de la presse spécialisée, cités en bas de page.

Pomerol en bref : 768 hectares sans classement

Pomerol est une petite appellation de la rive droite, au nord-est de Libourne. Son aire couvre la commune de Pomerol et le nord de celle de Libourne, entre 2 ruisseaux : la Barbanne, qui la sépare de Lalande-de-Pomerol, et le Tailhas. Les Douanes y ont compté 768 hectares déclarés pour la récolte 2024, et le syndicat viticole recense 138 propriétaires, pour 0,7 % du vignoble bordelais.

Le merlot y occupe environ 80 % des vignes, devant le cabernet franc (15 %) et le cabernet sauvignon (5 %), selon le syndicat. C’est nettement plus qu’à Saint-Émilion, où le cabernet franc occupe près d’un tiers des plantations. Le cahier des charges autorise aussi le cot, ou malbec, et le petit verdot, et fixe le rendement à 49 hectolitres par hectare. L’appellation a été reconnue par décret le 8 décembre 1936.

Graves, argile et crasse de fer

Le cœur de l’appellation est un plateau de graves, des sables, graviers et galets, posés à une profondeur variable sur des argiles riches en smectites. Le sous-sol contient aussi des oxydes de fer, que les vignerons appellent la « crasse de fer ». Le paysage, note le cahier des charges, est dominé par la flèche de l’église du bourg.

Au sommet du plateau, ces argiles affleurent sur une vingtaine d’hectares : c’est la « boutonnière » d’argile bleue où se trouve Pétrus, selon le critique Bernard Burtschy. L’ouest de l’appellation repose plutôt sur des sables ou des graves sur sables. L’argile bleue désigne donc ce morceau de plateau, pas l’ensemble de Pomerol.

Des rangs de vigne taillés en hiver sur le plateau plat de Pomerol
Les vignes de L’Évangile en janvier, sur le plateau de Pomerol. Photo Antoine Bertier / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Pourquoi Pomerol n’a pas de classement

Pomerol est absent du classement de 1855. Les courtiers de Bordeaux ont alors classé les vins par prix, à la demande de la chambre de commerce de Bordeaux, alors que les vins de la rive droite passaient par un autre réseau, rattaché à la chambre de commerce de Libourne, qui n’a pas été consultée, rappelait Jean-Michel Cazes dans Vitisphere en avril 2025.

L’appellation n’a connu qu’un seul classement, établi par le gouvernement de Vichy le 29 juin 1943 à partir des prix de vente, pour des raisons fiscales. Il comptait 32 crus de Pomerol, avec Pétrus seul au premier rang, et a été abandonné à la fin de la guerre, selon La Revue du vin de France. Plusieurs châteaux de notre sélection y figuraient déjà :

Le classement des crus de Pomerol de 1943, pour les châteaux de notre sélection
Rang en 1943Châteaux de notre sélection
1er cruPétrus
2es crusLa Conseillante, L’Évangile, Trotanoy, Vieux Château Certan
3es crusGazin, Lafleur
5es crusBeauregard, Clinet, L’Église-Clinet

Le syndicat viticole indique que Pomerol a toujours refusé d’établir un classement, et l’interprofession résume que la hiérarchie tient à la réputation et au prix. Saint-Émilion, sa voisine, a lancé le sien en 1955. Le Pin, dont le premier millésime date de 1979, n’existait pas en 1943.

La sélection en un tableau

Les 14 châteaux, classés par prix de leur 2024, vendu en primeur sauf La Croix du Casse, en stock chez Millesima. La dernière colonne donne le prix d’un millésime déjà en bouteille.

Prix relevés le 17 septembre 2026, bouteille de 75 cl
Château2024Relevé chezUne note du 2024En bouteille
Château La Croix du Casse25,80 €Millesima, en stock90 (Yves Beck)2022 : 30,00 € (Wineandco)
Château Rouget41,47 €Wineandco92-94 (Le Figaro Vin)2022 : 54,00 € (Wineandco)
Château Feytit-Clinet49,90 €Château Internet92-94 (Colin Hay)2022 : 70,55 € (Château Internet)
Château Beauregard53,75 €Château Internet92-94 (Le Figaro Vin)2022 : 71,40 € (Château Internet)
Château Gazin55,80 €Château Internet92-94 (Jeb Dunnuck)2022 : 92,40 € (Château Internet)
Château Clinet63,00 €Château Internet91-94 (Le Figaro Vin)2022 : 112,20 € (Château Internet)
Château L’Évangile134,40 €Château Internet94-96 (Le Figaro Vin)2022 : 309,60 € (Château Internet)
Château La Conseillante168,00 €Château Internet94-96 (Le Figaro Vin)2022 : 306,00 € (Château Internet)
Vieux Château Certan168,00 €Château Internet95-97 (Le Figaro Vin)2022 : 410 € (Millesima)
Château Trotanoy193,00 €Château Internet93-96 (Le Figaro Vin)2020 : 392 € (Millesima)
Château L’Église-Clinet252,00 €Château Internet95-98 (Le Figaro Vin)2022 : 420 € (Chateaunet)
Château Lafleuraucune offre610 € en juin 2025 selon Le Figaro Vin95-97 (Le Figaro Vin)aucun en stock
Château Le Pinaucune offre2 160 € en juin 2025 selon Le Figaro Vin93-96 (Le Figaro Vin)2020 : 4 345 € (Millesima)
Pétrus4 974 €Millesima96-98 (Le Figaro Vin)2019 : 4 200 € (Vinothèque de Bordeaux)

Retenez-en ceci : 5 des 14 châteaux vendent leur 2024 sous 60 €, et l’écart se creuse vite en bouteille. Chez Millesima, Vieux Château Certan coûte 170 € en 2024 et 410 € en 2022.

Les icônes : Pétrus, Le Pin et Lafleur

Ces 3 vins se vendent en petites quantités, par des circuits choisis par leurs propriétaires. Le jour de notre relevé, seul Pétrus 2024 était encore proposé en primeur par un vendeur français.

  • Pétrus 2024 4 974 €

    100 % merlot · un peu plus de 11 ha · Millesima, primeur livrable début 2027

    Pétrus appartient à la famille de Jean-François Moueix, qui en a vendu 20 % en 2018 à l’homme d’affaires Alejandro Santo Domingo, selon Decanter. Son vignoble d’un peu plus de 11 hectares occupe le sommet du plateau, sur la boutonnière d’argile bleue.

    Il est planté uniquement en merlot depuis 2011 : les cabernets francs ont été arrachés après les vendanges 2010, selon La Revue du vin de France. En juin 2025, Le Figaro Vin affichait ce 2024 à 4 800 € ; Millesima le vend 4 974 € la bouteille, livrable début 2027. En bouteille, le 2019 est à 4 200 € chez Vinothèque de Bordeaux.

    Les notes : 96-98 pour Le Figaro Vin et pour Colin Hay (The Drinks Business) sur le 2024. Le 2019 a reçu 100 de Jeb Dunnuck et de Lisa Perrotti-Brown.

  • Château Le Pin 2024 aucune offre

    100 % merlot · à peine 2 ha · 2 160 € en primeur en juin 2025 selon Le Figaro Vin

    Jacques Thienpont a acheté Le Pin en 1979, l’année de son premier millésime. Le vignoble compte à peine 2 hectares en 7 parcelles, plantés en merlot, selon le négoce familial François Thienpont. Jacques est le cousin germain d’Alexandre Thienpont, qui conduit Vieux Château Certan.

    Aucune offre française du 2024 n’était en ligne le jour de notre relevé. En bouteille, Millesima proposait le 2020 à 4 345 €.

    Les notes : 96-98+ pour Colin Hay (The Drinks Business), 93-96 pour Le Figaro Vin et 19/20 pour Matthew Jukes sur le 2024.

  • Château Lafleur 2024 aucune offre

    55 % cabernet franc, 45 % merlot en 2024 · 610 € en primeur en juin 2025 selon Le Figaro Vin

    La famille Guinaudeau conduit Lafleur depuis 1985 ; son site nomme Sylvie, Jacques, Julie et Baptiste Guinaudeau. Le vignoble associe le bouchet, nom local du cabernet franc, et le merlot, dans un équilibre que le 2024 pousse à 55 % de bouchet. Le domaine ne vend pas en direct mais par un réseau d’« ambassadeurs », dont Duclot et Caves Legrand en France.

    Le 24 août 2025, la famille a annoncé que ses vins quitteraient les appellations Pomerol et Bordeaux à partir du millésime 2025 pour être vendus en Vin de France, selon Decanter. Le 2024 est donc le dernier Lafleur vendu sous le nom de Pomerol. Aucune bouteille n’était en stock chez un vendeur français le jour de notre relevé.

    Les notes : 95-97 pour Le Figaro Vin et 96-98+ pour Colin Hay (The Drinks Business) sur le 2024.

Le bâtiment de Pétrus, l’emblème de la propriété en haut d’un mât et une rangée de vignes chargées de raisins noirs
Les bâtiments de Pétrus et ses vignes, au sommet du plateau de Pomerol. Photo Giogo / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Les grands Pomerol, de 134 à 252 € en primeur

Cette gamme réunit 5 châteaux dont le 2024 se vend entre 134 et 252 € en primeur. En bouteille, les 2022 de 4 d’entre eux coûtent de 306 à 420 €.

  • Château L’Évangile 2024 134,40 €

    22 ha · 79 % merlot, 20 % cabernet franc · Château Internet, primeur

    Les Domaines Barons de Rothschild, propriétaires de Lafite, sont entrés au capital de L’Évangile en 1990 en rachetant 70 % des parts à Simone Ducasse, puis en sont devenus seuls propriétaires à la fin de la décennie. Le vignoble, au sud-est du plateau, touche Pétrus au nord et n’est séparé de Cheval Blanc, en Saint-Émilion, que par un chemin, selon l’Union des grands crus de Bordeaux.

    Les sols mêlent sables, argiles et graves, sur un sous-sol de crasse de fer. Le 2022 se vend 309,60 € chez Château Internet.

    Les notes : 94-96 pour Le Figaro Vin et pour Jeb Dunnuck, 92-94 pour William Kelley (Wine Advocate) sur le 2024. Le 2022 a reçu 96 de Jane Anson.

  • Château La Conseillante 2024 168,00 €

    12 ha · 80 % merlot, 20 % cabernet franc · Château Internet, primeur

    La famille Nicolas possède La Conseillante depuis 1871 ; la 5e génération, Bertrand et Jean-Valmy Nicolas, est en place depuis 2003. Ses 12 hectares en 16 parcelles touchent Pétrus et Cheval Blanc, sur des argiles au nord-est et des graves au sud-ouest.

    Le 2022 a reçu 100/100 de William Kelley ; il se vend 306 € chez Château Internet. Notre guide des meilleurs vins rouges de Bordeaux retenait aussi son 2020.

    Les notes : 94-96 pour Le Figaro Vin et pour William Kelley (Wine Advocate), 95-98 pour Antonio Galloni (Vinous) sur le 2024.

  • Vieux Château Certan 2024 168,00 €

    14 ha d’un seul tenant · 70 % merlot, 25 % cabernet franc, 5 % cabernet sauvignon · Château Internet, primeur

    Georges Thienpont, négociant des Ardennes flamandes, a acheté Vieux Château Certan en 1924. Son petit-fils Alexandre le conduit aujourd’hui avec son fils Guillaume. Avec 25 % de cabernet franc, le vignoble en compte bien plus que la moyenne de l’appellation, et l’assemblage 2024 porte le cabernet sauvignon à 9 %.

    Le château écrit que ses vins s’apprécient après 10 ou 15 ans. Chez Millesima, le 2024 coûte 170 € à l’unité et le 2022 410 €.

    Les notes : 95-97 pour Le Figaro Vin et pour Neal Martin (Vinous), 97-98 pour James Suckling sur le 2024. Le 2022 a reçu 98 de William Kelley (Wine Advocate).

  • Château Trotanoy 2024 193,00 €

    7,2 ha · 100 % merlot · Château Internet, primeur

    La maison Jean-Pierre Moueix a acquis Trotanoy en 1953. Ses 7,2 hectares de merlot poussent pour moitié sur des graves posées sur l’argile, pour moitié sur des argiles noires profondes, au-dessus de la crasse de fer. La maison écrit qu’il se garde plusieurs décennies dans les grands millésimes.

    Selon Colin Hay, le 2024 n’a été produit qu’en quantité infime, et son prix varie d’un vendeur à l’autre : 193 € chez Château Internet, 252 € à l’unité chez Millesima, pour 171,60 € à sa sortie selon Le Figaro Vin. Le 2022 est introuvable ; le 2020 est à 392 € chez Millesima.

    Les notes : 93-96 pour Le Figaro Vin, 95-97 pour Neal Martin (Vinous) et 94 pour Jane Anson sur le 2024. Le 2020 a reçu 100 de James Suckling et de Jane Anson.

  • Château L’Église-Clinet 2024 252,00 €

    4,4 ha · 85 % merlot, 14 % cabernet franc, 1 % malbec · Château Internet, primeur

    Denis Durantou a conduit L’Église-Clinet jusqu’à sa mort, le 12 mai 2020. Sa fille Noëmie Durantou Reilhac dirige aujourd’hui le domaine. Les vignes ont 40 ans en moyenne, avec des cabernets francs d’environ 70 ans et des pieds plantés en 1905 et 1935, sur des argiles profondes et des graves.

    Antonio Galloni situe l’ouverture de ce 2024 entre 2034 et 2054. En bouteille, le 2022 est à 420 € chez Chateaunet.

    Les notes : 95-98 pour Le Figaro Vin, qui conclut son commentaire par « tout simplement divin », 97 pour Jane Anson et 97-98 pour James Suckling sur le 2024. Le 2022 a reçu 100 de James Suckling.

Les Pomerol à moins de 65 € en primeur

Cette gamme réunit 6 châteaux dont le 2024 se vend sous 65 €. C’est dans cette gamme que l’écart avec les vins en bouteille reste le plus faible.

  • Château La Croix du Casse 2024 25,80 €

    9,5 ha · 90 % merlot, 10 % cabernet franc · Millesima, en stock

    La famille Castéja, dont la maison de négoce est Borie-Manoux, possède La Croix du Casse depuis 2005. Le domaine est au sud de l’appellation, près du hameau de Catusseau, sur des graves sableuses et de la crasse de fer, avec des vignes de 35 ans en moyenne.

    C’est le Pomerol le moins cher de notre sélection. Le 2022 reste sous 31 € chez Wineandco et chez Vinothèque de Bordeaux.

    Les notes : 90 pour Yves Beck et pour Jeff Leve, 88 pour Jane Anson sur le 2024. Le 2022 a reçu 92 de Jeff Leve.

  • Château Rouget 2024 41,47 €

    17 ha · 85 % merlot, 15 % cabernet franc · Wineandco, primeur

    La famille Labruyère possède Rouget depuis 1992, et Édouard Labruyère le dirige depuis 2008. Le vignoble a été largement replanté à partir de 1992 ; ses vignes ont une quarantaine d’années en moyenne, sur des sols argilo-graveleux ou argilo-siliceux, près de L’Église-Clinet et de Pétrus.

    Le 2022 est à 54 € chez Wineandco, et le second vin, Le Carillon de Rouget 2020, à 27,50 €.

    Les notes : 92-94 pour Le Figaro Vin sur le 2024. Le 2022 a reçu 94 de Vinous et 95 de James Suckling.

  • Château Feytit-Clinet 2024 49,90 €

    6,3 ha · 90 % merlot, 10 % cabernet franc · Château Internet, primeur

    Jérémy Chasseuil exploite directement le vignoble familial depuis 2000 ; il était auparavant confié en fermage aux Établissements Jean-Pierre Moueix. Les vignes ont 35 ans en moyenne.

    Le 2022 se vend 70,55 € chez Château Internet.

    Les notes : 92-94 pour Colin Hay (The Drinks Business) et pour Jeff Leve sur le 2024. Le 2022 a reçu 98 de Jeb Dunnuck.

  • Château Beauregard 2024 53,75 €

    17,5 ha · certifié en agriculture biologique · Château Internet, primeur

    La famille Moulin, des Galeries Lafayette, a acheté Beauregard en 2014 avec la famille Cathiard, de Smith Haut Lafitte, et elles ont racheté ensemble Petit-Village en 2020. Lauren Laudrin dirige Beauregard et Petit-Village depuis février 2025, après les 35 ans de Vincent Priou.

    Le vignoble compte 70 % de merlot et 30 % de cabernet franc, avec du cabernet sauvignon planté en 2016, qui pèse 9 % du 2024. Jeff Leve présente le 2022 comme le meilleur millésime du château à ce jour ; il est à 71,40 € chez Château Internet.

    Les notes : 92-94 pour Le Figaro Vin et 91-93+ pour Colin Hay (The Drinks Business) sur le 2024. Le 2022 a reçu 96 de James Suckling.

  • Château Gazin 2024 55,80 €

    26 ha · 90 % merlot, 10 % cabernet sauvignon en 2024 · Château Internet, primeur

    La famille de Bailliencourt dit Courcol possède Gazin, à la frontière de Pétrus. Le château décrit un plateau argilo-graveleux, sur argile bleue, crasse de fer et graves fines. En 1969, il a cédé 5,5 hectares à Pétrus, selon The Wine Cellar Insider.

    Son 2022 divise la critique : 97 pour James Suckling, 86 pour William Kelley (Wine Advocate). Le 2019, plus consensuel, est à 85 € chez Vinatis.

    Les notes : 92-94 pour Jeb Dunnuck et 91-93 pour Antonio Galloni (Vinous) sur le 2024. Le 2019 a reçu 95 de James Suckling et de Jean-Marc Quarin.

  • Château Clinet 2024 63,00 €

    11,5 ha · 75 % merlot, 25 % cabernet sauvignon · Château Internet, primeur

    La famille Laborde possède Clinet depuis la fin des années 1990, et Ronan Laborde le dirige depuis 2004. Le château annonce 25 % de cabernet sauvignon, une proportion rare à Pomerol, et une parcelle de merlot, La Grand Vigne, plantée en 1934 selon Jeff Leve.

    Le 2022 se vend 112,20 € chez Château Internet.

    Les notes : 91-94 pour Le Figaro Vin, 93-95+ pour Colin Hay (The Drinks Business) et 92 pour Jane Anson sur le 2024. Le 2022 a reçu 98 de Jeff Leve.

Sous 30 €, La Croix du Casse n’est pas seul. Taillefer, propriété de la famille Moueix depuis 1923, vend son 2023 à 27,60 € et son 2020 à 28,90 € chez Wineandco, et le Château de Sales 2020 est à 34,50 € chez Millesima. Notre guide des Bordeaux rouges à moins de 30 € présente le Taillefer 2020.

Une allée entre deux parcelles de vigne mène au château Gazin
L’allée qui mène au château Gazin, entre les rangs de vigne, en septembre 2024. Photo Château Gazin / Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Quel millésime acheter en 2026 ?

Les châteaux vendent aujourd’hui leur 2024 en primeur, et leurs 2022, 2020 ou 2019 en bouteille. Voici ce qu’en disent les notes de millésime de l’Institut des sciences de la vigne et du vin (ISVV) de Bordeaux, avec le rendement de l’appellation.

Pomerol, millésimes 2018 à 2024
MillésimeL’année selon l’ISVVRendementÀ l’achat
2018Printemps pluvieux et mildiou, puis temps sec jusqu’à fin octobre ; rouges exceptionnelsnon citéUne année de garde selon La RVF
2019Gel en avril, été très chaud ; rouges très réussis, plus classiques que 2018non citéGazin 2019 à 85 €
2020Été très chaud et sec ; rouges structurés et équilibrés39,8 hl/haUne année de garde : Trotanoy 2020 à 392 €
2021Gel, mildiou et grêle ; rouges hétérogènes28,9 hl/haChoisir le château avant le millésime
2022Canicules et sécheresse ; rouges concentrés mais harmonieux32,3 hl/haEn bouteille : Gazin 2022 à 92,40 €
2023Mildiou inédit, pertes inégales ; rouges plus hétérogènes45,2 hl/haUne récolte abondante à Pomerol
2024Printemps très pluvieux, mildiou, coulure ; rouges frais et fruités28,4 hl/haEn primeur, livraison début 2027

La série 2018, 2019 et 2020 est la valeur sûre : l’ISVV la décrit comme une suite de très grands millésimes. Le 2022 est celui de la sécheresse. L’ISVV parle de rouges hors norme, concentrés mais harmonieux ; pour Pierre Citerne, de La Revue du vin de France, leur fraîcheur tient à l’impression plus qu’à l’acidité, basse, et leur garde reste une question.

Le 2024 est une petite récolte. Le printemps a été le troisième plus pluvieux depuis 1959, le mildiou est apparu dès avril, et des orages ont frappé Pomerol dans la nuit du 17 au 18 juin, selon l’ISVV. Le rendement de l’appellation est tombé à 28,4 hectolitres par hectare, contre 37,8 en moyenne sur 10 ans, et Colin Hay relève 22 hl/ha à La Conseillante et 23,4 à Gazin. Les vins sont frais et fruités, avec plus de cabernet dans les assemblages. Le Figaro Vin les trouve amples, séducteurs et plus floraux, tout en jugeant certains prix encore délirants.

Rendement de l’appellation Pomerol, de 2020 à 2024

En hectolitres par hectare. Le cahier des charges autorise 49 hl/ha ; le 2024, vendu aujourd’hui en primeur, est la plus petite récolte des 5 dernières années.

Moyenne sur 10 ans : 37,8 hl/ha

Infographie Le Journal du Vin, d’après les Douanes et l’interprofession des vins de Bordeaux, chiffres cités par Colin Hay (The Drinks Business), et le cahier des charges de l’appellation.

Primeur ou bouteille : comment acheter

Acheter en primeur, c’est payer un vin encore en barrique : les 2024 seront livrés début 2027, selon Millesima. Les quantités sont réduites cette année, et plusieurs fiches étaient déjà épuisées le jour de notre relevé, comme L’Évangile et La Conseillante chez Millesima.

Comparez le prix à l’unité et le prix par caisse : chez Millesima, le Gazin 2024 coûte 59 € à l’unité et 55,83 € la bouteille par caisse de 6. Et pour un vin en primeur, préférez les fourchettes publiées par les critiques aux notes uniques : certains vendeurs n’en affichent que le milieu.

Pour la garde, les châteaux donnent eux-mêmes des repères : Vieux Château Certan écrit que ses vins s’apprécient après 10 ou 15 ans, et la maison Moueix que Trotanoy se garde plusieurs décennies dans les grands millésimes. Notre guide pour conserver son vin à la maison détaille les conditions de cave, et notre guide des accords avec la viande rouge aide à choisir le plat.

Et Lalande-de-Pomerol ?

Au nord, le ruisseau de la Barbanne sépare Pomerol de Lalande-de-Pomerol, une appellation plus grande : 1 112 hectares déclarés en 2024. La commune de Lalande repose surtout sur des terrasses plus récentes, sables et graviers dans une matrice sablo-argileuse, tandis que Néac partage en grande partie la haute terrasse de Pomerol, selon le cahier des charges de Lalande-de-Pomerol.

FAQ : vos questions sur le Pomerol

Quel est le meilleur Pomerol en 2026 ?

Aucun classement officiel ne le désigne. Parmi les 2024 notés par Le Figaro Vin, Pétrus arrive en tête (96-98), devant L’Église-Clinet (95-98), Lafleur et Vieux Château Certan (95-97). Le 17 septembre 2026, Pétrus 2024 coûtait 4 974 € chez Millesima, L’Église-Clinet 252 € et Vieux Château Certan 168 € chez Château Internet.

Pourquoi Pomerol n’a-t-il pas de classement ?

Pomerol n’a pas été retenu en 1855, quand les courtiers de Bordeaux ont classé les vins par prix, et son syndicat viticole a toujours refusé d’établir un classement depuis. Le seul qui ait existé a été établi par le gouvernement de Vichy en 1943, pour des raisons fiscales, et abandonné à la fin de la guerre.

Existe-t-il des Pomerol à moins de 50 € ?

Oui. La Croix du Casse 2024 est à 25,80 € chez Millesima. En primeur, Rouget 2024 est à 41,47 € chez Wineandco et Feytit-Clinet 2024 à 49,90 € chez Château Internet. En bouteille, Taillefer 2020 est à 28,90 € chez Wineandco.

Quel millésime de Pomerol acheter ?

En bouteille, 2018, 2019 et 2020 forment une série de très grands millésimes selon l’Institut des sciences de la vigne et du vin de Bordeaux, et 2022 a donné des rouges concentrés et harmonieux, plus chers. 2021 est plus hétérogène. Le 2024, vendu en primeur et livré début 2027, est une petite récolte aux vins frais et fruités.

Quelle est la différence entre Pomerol et Saint-Émilion ?

Pomerol et Saint-Émilion sont tous deux dominés par le merlot, mais Pomerol l’est davantage : environ 80 % des vignes, alors que le cabernet franc occupe près d’un tiers des plantations à Saint-Émilion. Saint-Émilion a aussi un classement, lancé en 1955, alors que Pomerol n’en a pas.

Lafleur est-il encore un Pomerol ?

Jusqu’au millésime 2024 seulement. La famille Guinaudeau a annoncé en août 2025 que ses vins seraient vendus en Vin de France à partir du millésime 2025, selon Decanter.

Qu’est-ce que la crasse de fer ?

C’est le nom local des oxydes de fer du sous-sol de Pomerol. Le cahier des charges de l’appellation la cite parmi les traits de son terroir, avec les graves de surface et les argiles riches en smectites.

Sources

Article rédigé par

Camille Rousseau

Journaliste et consultante en vins et spiritueux du Journal du Vin, Camille Rousseau signe les guides d’achat et les sélections de la rédaction : prix relevés chez les producteurs, distinctions recoupées avec les palmarès publiés, notes toujours attribuées à leur source. Voir sa page auteur · LinkedIn.

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