Champagne Nicolas Feuillatte : la marque no 1 en France, ses prix et son histoire
C’est le champagne le plus vendu du pays, et sans doute celui dont on raconte le plus d’approximations. La marque a été créée en 1976 par un importateur de café devenu vigneron sur le tard, qui l’a revendue dix ans plus tard. Derrière l’étiquette, il y a aujourd’hui 82 caves coopératives et plus de 6 000 vignerons.
La marque est née en 1976, créée par Nicolas Feuillatte, un Parisien de cinquante ans qui avait fait fortune dans le café en Amérique. Il l’a cédée le 6 mars 1986 au Centre vinicole de la Champagne. Il n’en était donc plus propriétaire pendant les vingt-huit dernières années de sa vie, et il est mort le 10 août 2014.
Derrière l’étiquette : Terroirs et Vignerons de Champagne, union de coopératives née fin 2021, qui réunit 82 caves coopératives et plus de 6 000 vignerons, et possède aussi Abélé 1757, Castelnau et Henriot.
Numéro un, oui, mais de quoi ? La marque est la première de France en grande distribution, avec 15,3 % de part de marché en volume en 2025. Le groupe, lui, est le deuxième de Champagne en valeur en France, derrière Moët Hennessy.
Les prix, relevés le 8 septembre 2026 sur la boutique de la maison, vont de 35 € pour la Réserve Exclusive Brut à 131 € pour Palmes d’Or 2009. Nous n’avons pas dégusté ces bouteilles en rédaction et nous le disons plutôt que d’emprunter les mots de la maison sans le préciser.
Notre méthode, et ce que ce portrait n’est pas
Cette page s’appuie sur les pages officielles de la maison pour la chronologie et les fiches de cuvées, sur la boutique en ligne de la maison pour les prix, sur la presse professionnelle pour les résultats et les nominations, et sur les notices biographiques pour l’homme lui-même. Chaque chiffre est daté, parce que la plupart de ceux qui circulent sur ce sujet ne le sont pas.
Nous n’avons pas reçu ces bouteilles en rédaction et nous n’avons donc pas de note de dégustation à publier. Nous ne produisons pas de note chiffrée. Les descriptions aromatiques que vous lirez plus bas sont celles des fiches de la maison, et elles sont signalées comme telles. C’est une précision qui a son importance ici : sur une marque aussi distribuée, les descriptions officielles sont recopiées partout, souvent présentées comme des dégustations indépendantes.
Trois affirmations très répandues ne résistent pas à la vérification. Nous les traitons au fil du texte plutôt que d’en faire une liste : la confusion entre la marque et le groupe, la présence d’Aristote Onassis parmi les premiers clients, et des chiffres de coopératives et de surfaces qui datent d’avant la fusion de 2021.
Ce que « numéro un » veut dire exactement
C’est le point sur lequel presque tout le monde se trompe, dans un sens ou dans l’autre. Il faut distinguer trois échelles.
La marque, en France. Nicolas Feuillatte est la première marque de champagne vendue dans le pays. En 2025, elle a progressé de 4 % en grande distribution et a franchi les 15,3 % de part de marché en volume sur ce circuit, où elle est leader. C’est un chiffre solide, publié par la presse professionnelle en février 2026.
La marque, dans le monde. Elle est habituellement présentée comme la troisième marque de champagne mondiale, présente dans plus de quatre-vingts pays. Ce classement vient de la maison et de ses distributeurs ; il n’existe pas de palmarès officiel et public des ventes par marque en Champagne, et nous le donnons donc pour ce qu’il est, une position revendiquée et largement reprise.
Le groupe. Terroirs et Vignerons de Champagne est le deuxième groupe champenois en valeur en France, derrière Moët Hennessy. Pas le premier. Écrire que « Nicolas Feuillatte est le numéro un du champagne » sans préciser l’échelle transforme une vérité de rayon en contre-vérité de marché.
En 2025, le groupe a réalisé 229 millions d’euros de chiffre d’affaires commercial, en hausse de 1 %, pour 12,1 millions de cols expédiés, un volume stable. Dans le détail, Abélé 1757 progresse de 8 %, Henriot de 4 %, tandis que Castelnau recule de 26 % après la perte de contrats aériens. Vous trouverez ailleurs un chiffre d’affaires de 323 millions d’euros pour 2024 : il ne recouvre pas le même périmètre comptable, et mieux vaut ne pas comparer les deux.
réunies dans le groupe
apporteurs de raisin
en grande distribution, 2025
L’homme : café africain, Nations unies, et douze hectares dans l’Ardre
Le personnage vaut mieux que la légende commerciale qu’on en a tirée.
Nicolas Feuillatte naît à Paris le 29 janvier 1926. Il fait fortune aux États-Unis dans l’importation de café africain, et devient en 1962 délégué permanent de la Côte d’Ivoire aux Nations unies, ce qui l’installe durablement dans la vie mondaine new-yorkaise. Ses amies, disent les notices biographiques, s’appellent Jackie Kennedy-Onassis et Lauren Bacall.
De retour en France en 1972, il achète un vignoble de douze hectares à Bouleuse, dans la vallée de l’Ardre, à l’ouest de Reims. Ce n’est pas le cœur historique du prestige champenois, et c’est précisément ce qui rend la suite intéressante. En 1976, à cinquante ans, il crée la marque qui porte son nom, d’abord pour ses relations américaines.
La correction qui s’impose. La page d’histoire de la maison cite parmi les premiers destinataires de la cuvée « les Kennedy et Aristote Onassis », et la formule est reprise dans à peu près tous les articles consacrés à la marque. Elle pose un problème de calendrier : Aristote Onassis est mort le 15 mars 1975, à Neuilly-sur-Seine. La marque a été créée en 1976. Il n’a donc pas pu en être client.
L’explication la plus économique est un dédoublement : Jackie Kennedy-Onassis, veuve d’Aristote depuis 1975 et morte en 1994, porte à elle seule les deux noms de la formule. Elle, en revanche, était bien une amie de Nicolas Feuillatte, et pouvait parfaitement boire la cuvée. Nous signalons ce point sans malice : c’est un glissement de langage qui a fini par produire un fait, et la véritable anecdote, celle d’un importateur de café ami de Jackie Onassis et de Lauren Bacall, est plus belle que la version approximative.
La suite, que l’on raconte rarement. Le succès arrive vite et Nicolas Feuillatte ne peut plus suivre la demande avec ses douze hectares. Le 6 mars 1986, il s’unit au Centre vinicole de la Champagne, fondé en 1972 par Henri Macquart après la vendange excédentaire de 1970 : l’ensemble devient le Centre vinicole - Champagne Nicolas Feuillatte. À partir de là, l’homme n’est plus propriétaire de la marque à laquelle il a donné son nom. Il en restera l’ambassadeur, ce qui n’est pas la même chose.
Il est mort le 10 août 2014, à 88 ans. L’information manque dans la plupart des portraits de la marque, qui parlent de lui au présent. Cette année-là, l’ensemble regroupait 80 coopératives, plus de 2 000 hectares, et avait commercialisé 10,4 millions de bouteilles l’année précédente.
Ce qu’il y a derrière l’étiquette : 82 caves et plus de 6 000 vignerons
C’est la particularité de cette maison, et la raison pour laquelle elle mérite mieux que le mépris poli qu’on réserve parfois aux champagnes de grande distribution. Nicolas Feuillatte n’est pas une maison de négoce : c’est une marque de coopérative.
Le 31 décembre 2021, le Centre vinicole - Champagne Nicolas Feuillatte fusionne avec la Coopérative régionale des vins de Champagne, propriétaire de Castelnau. L’ensemble prend le nom de Terroirs et Vignerons de Champagne et devient la première union coopérative de la région.
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Les adhérents 82 caves
82 coopératives · plus de 6 000 vignerons apporteursLe raisin ne vient pas d’un domaine mais de milliers de parcelles, apportées par des vignerons qui restent propriétaires de leurs vignes. Attention aux chiffres périmés : on lit encore couramment « 5 000 vignerons », qui est le décompte d’avant la fusion de 2021.
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Le vignoble d’apport 7 à 8 %
de l’ordre de 2 200 à 2 800 hectares selon les sources et les annéesLa surface bouge d’une année sur l’autre, avec les déclarations de récolte et les mouvements d’adhérents, et les sources ne s’accordent pas au champ près. Retenez l’ordre de grandeur : autour de 7 à 8 % du vignoble champenois, ce qui est considérable pour un seul groupe.
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Les marques quatre
Nicolas Feuillatte · Abélé 1757 (2019) · Castelnau · Henriot (2023)Du champagne d’accès à la maison de prestige. C’est cette amplitude qui a permis au groupe de tenir en 2025 : quand un circuit décroche, un autre compense. Nous avons consacré un portrait à la maison Henriot, entrée dans le groupe en septembre 2023.
La direction a changé récemment, et là encore beaucoup de pages sont en retard d’un dirigeant. Christophe Juarez a dirigé le groupe et la marque de mai 2017 jusqu’à son départ en retraite au 1er mai 2026. Philippe Dessertenne, qui pilotait auparavant le groupe coopératif agricole Lorca, lui a succédé comme directeur général le 3 mars 2026. La présidence est assurée par Éric Potié depuis 2025, après treize ans de présidence de Véronique Blin.
Chouilly : l’outil, et ce qu’on y voit
Le site est à Chouilly, lieu-dit Plumecoq, à cinq minutes d’Épernay, au bord de la Côte des Blancs. La photo d’ouverture de cet article en dit plus qu’un paragraphe : un ensemble industriel considérable, posé dans les vignes, avec le bâtiment d’accueil à toiture ondulée au premier plan. De nouveaux locaux et un espace visiteurs y ont été inaugurés en avril 2017. Environ 250 personnes travaillent pour la marque.
Ce n’est pas une cave de vigneron et la maison ne prétend pas le contraire. C’est un outil dimensionné pour vinifier séparément les apports de dizaines de crus, avec une capacité de stockage supérieure à 300 000 hectolitres. La question intéressante n’est pas de savoir si c’est romantique, mais si cette échelle permet la précision. C’est le travail du chef de caves.
Guillaume Roffiaen occupe ce poste depuis 2014. Ingénieur agronome, diplôme national d’œnologue en 2002, il avait découvert la maison lors de son stage de fin d’études, avant de partir diriger les caves de Champagne Drappier, une maison familiale de la Côte des Bar, et de revenir à Chouilly douze ans plus tard comme directeur œnologie et qualité. Son principe de travail : vinifier chaque cru et chaque cépage séparément avant d’assembler. C’est la seule méthode qui tienne quand la matière première vient de 82 caves.
La visite. Le parcours commence par la cuverie, impressionnante par ses volumes, puis descend dans les caves. La maison propose aussi un atelier de dégustation à l’aveugle, Efferv’&Sens, et expose une collection d’art contemporain le long du parcours. Les visites se font en français et en anglais, uniquement sur réservation, par billetterie en ligne, à [email protected] ou au 03 26 59 64 61. À voir aussi : nos visites de caves.
Les cuvées, leurs assemblages et leurs prix
Données techniques et prix relevés le 8 septembre 2026 sur les fiches et la boutique en ligne de la maison, en bouteille de 75 cl sans étui. Les descriptions aromatiques sont celles de la maison : ce sont ses mots, pas les nôtres.
Une remarque de méthode avant la liste. Ces prix sont ceux du site de la maison, qui vend au tarif public. En grande distribution, la Réserve Exclusive Brut se trouve régulièrement bien en dessous, notamment pendant les foires au champagne. C’est un écart normal pour une marque dont la grande distribution est le circuit principal, et il ne dit rien de la qualité de la bouteille.
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Réserve Exclusive Brut 35,00 €
40 % pinot noir, 40 % meunier, 20 % chardonnay · 3 à 4 ans de caveLa cuvée qui fait le volume, et celle sur laquelle se joue la place de numéro un. L’assemblage est révélateur : 80 % de raisins noirs, dont une part de meunier égale à celle du pinot noir. Le meunier, longtemps traité en cépage de complément, est ici un pilier assumé, et c’est cohérent avec un vignoble d’apport largement réparti hors des grands crus.
Autres formats : quart 14,00 €, demie 21,00 €, magnum 73,00 €, jéroboam de 3 litres 186,00 €. Avec étui, comptez 3 € de plus sur la bouteille.
Les mots de la maison : « robe or clair, bulles fines », un nez de « fruit franc, expressif », des « notes de poire juteuse et d’abricot croquant ».
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Réserve Exclusive Premier Cru Extra-Brut 37,00 €
Un tiers de chaque cépage · cinq secteurs de premiers crus · > 3 ans · dosage < 6 g/lDeux euros de plus que la précédente, et un vin construit différemment : assemblage à parts égales, raisins issus uniquement de premiers crus répartis sur cinq secteurs (sud de la Côte des Blancs, coteaux d’Épernay, sud et nord de la Montagne de Reims, Montagne Ouest), et un dosage extra-brut qui laisse le vin sans filet. C’est, à notre sens, la bouteille la plus intéressante du bas de gamme, et celle que l’on voit le moins.
Les mots de la maison : « notes douces de miel d’acacia, de poire, de fruits blancs et d’agrumes frais », puis la minéralité des sols crayeux, l’épice du pinot noir, le velouté du meunier et une finale « saline ».
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Réserve Exclusive Rosé 37,00 €
Quart 14,00 € · demie 23,00 € · magnum 76,00 €Le rosé de la gamme d’accès, décliné dans tous les formats, ce qui est rare et pratique. Le quart à 14 € est l’un des rares moyens d’ouvrir un rosé de marque pour une personne sans sacrifier une bouteille.
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Organic Extra Brut 39,00 €
95 % pinot noir, 5 % chardonnay · Côte des Bar et Les Riceys · 4 ans minimum · dosage < 6 g/lLa première cuvée bio de la maison, et une bouteille à part dans la gamme : presque intégralement pinot noir, issue de la Côte des Bar et des Riceys, à l’extrémité sud de l’appellation, à plus de cent kilomètres de Chouilly. Sur une marque de ce volume, faire une cuvée bio d’un seul secteur est un exercice de sourcing plus qu’un argument marketing.
À lire aussi : notre article sur Lanson Le Green Bio-Organic, l’autre grande marque à avoir sorti une cuvée certifiée.
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Blanc de Blancs Millésime 2020 45,00 €
100 % chardonnay · premiers crus, Sézannais, Petit Morin, vallée de la Marne, Montagne de Reims · 5 ans de cave minimumCinq ans de cave, soit deux de plus que le minimum réglementaire des millésimés, pour 45 €. À ce tarif, c’est l’une des entrées les plus accessibles dans le champagne millésimé de marque. Le sourcing large, du Sézannais à la Montagne de Reims, dit bien la logique coopérative : le chardonnay ne vient pas d’un seul coteau prestigieux.
Les mots de la maison : « or jaune lumineux », un nez d’« angélique, marjolaine, mélisse, verveine-citron, amande », une attaque de zeste de citron vert et de gingembre. À lire aussi : notre guide des champagnes millésimés à moins de 60 €.
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Palmes d’Or 2009 Brut 131,00 €
50 % chardonnay, 50 % pinot noir · près de dix ans de cave · avec son coffretLa cuvée de prestige, et le seul moment où la maison va chercher les grands crus nommément : chardonnays d’Avize, Oger, Cramant et Le Mesnil-sur-Oger, pinots noirs d’Ambonnay, Tours-sur-Marne, Aÿ-Champagne, Verzy et Verzenay, avec un chardonnay de Montgueux en trait d’union. Près de dix ans de cave sur un millésime 2009 solaire.
La version Palmes d’Or 2008 Rosé Intense, issue d’une saignée de pinot noir de Bouzy et des Riceys, est à 162,00 €.
Les mots de la maison : « robe or pâle, bulles vives et fines », des fruits blancs mûrs, de la minéralité, de la pâtisserie et de la crème, puis l’épice, la figue, la noisette, la noix fraîche, la pêche de vigne et l’abricot.
Le reste de la gamme, aux mêmes conditions de relevé : Réserve Exclusive Demi-Sec 35,00 €, Brut Millésime 2018 42,00 €, Grand Cru Millésime 2016 Blanc de Noirs 50,00 € et Blanc de Blancs 53,00 €. La maison fête ses cinquante ans avec une Réserve Exclusive Brut en habillage anniversaire au même prix que la version courante, et deux séries limitées dessinées par le chanteur Mika, à 41,00 et 42,00 €.
FAQ : vos questions sur Nicolas Feuillatte
Qui était Nicolas Feuillatte ?
Un Parisien né le 29 janvier 1926, qui a fait fortune aux États-Unis dans l’importation de café africain et qui fut, à partir de 1962, délégué permanent de la Côte d’Ivoire aux Nations unies. Rentré en France en 1972, il achète un vignoble de douze hectares à Bouleuse, dans la vallée de l’Ardre près de Reims, et crée en 1976 la marque qui porte son nom, à cinquante ans. Il la cède dès le 6 mars 1986 au Centre vinicole de la Champagne, faute de pouvoir suivre la demande. Il est mort le 10 août 2014, à 88 ans, ce que la plupart des portraits de la marque omettent de dire.
À qui appartient Champagne Nicolas Feuillatte ?
À Terroirs et Vignerons de Champagne, une union de coopératives née fin 2021 de la fusion du Centre vinicole Champagne Nicolas Feuillatte et de la coopérative Castelnau. Le groupe réunit 82 caves coopératives et plus de 6 000 vignerons, et possède aussi Abélé 1757, Castelnau et, depuis septembre 2023, Henriot. Éric Potié le préside depuis 2025 et Philippe Dessertenne en est le directeur général depuis le 3 mars 2026, après le départ en retraite de Christophe Juarez. La marque n’appartient donc plus à la personne dont elle porte le nom depuis 1986.
Nicolas Feuillatte est-il vraiment le champagne numéro un ?
Oui, mais il faut préciser de quoi l’on parle. La marque Nicolas Feuillatte est la première marque de champagne vendue en France : en 2025 elle a progressé de 4 % en grande distribution et dépasse 15,3 % de part de marché en volume sur ce circuit. Elle est généralement présentée comme la troisième marque mondiale. En revanche, le groupe qui la possède est le deuxième groupe champenois en valeur en France, derrière Moët Hennessy. Confondre la marque et le groupe est l’erreur la plus fréquente sur ce sujet.
Combien coûte un champagne Nicolas Feuillatte ?
Prix relevés le 8 septembre 2026 sur la boutique en ligne de la maison, en 75 cl sans étui : Réserve Exclusive Brut 35,00 € (14,00 € le quart, 21,00 € la demie, 73,00 € le magnum, 186,00 € le jéroboam), Réserve Exclusive Premier Cru Extra-Brut 37,00 €, Réserve Exclusive Rosé 37,00 €, Organic Extra Brut 39,00 €, Brut Millésime 2018 42,00 €, Blanc de Blancs Millésime 2020 45,00 €, Grand Cru Millésime 2016 Blanc de Noirs 50,00 € et Blanc de Blancs 53,00 €, Palmes d’Or 2009 Brut 131,00 € avec son coffret, Palmes d’Or 2008 Rosé Intense 162,00 €. En grande distribution, la Réserve Exclusive Brut se trouve souvent nettement moins cher, surtout pendant les foires.
Aristote Onassis a-t-il vraiment été client de Nicolas Feuillatte ?
Non, c’est chronologiquement impossible. La page d’histoire de la maison cite « les Kennedy et Aristote Onassis » parmi les premiers destinataires de la cuvée, créée en 1976. Or Aristote Onassis est mort le 15 mars 1975, un an avant la naissance de la marque. Les notices biographiques de Nicolas Feuillatte citent en réalité parmi ses amies Jackie Kennedy-Onassis, veuve d’Aristote depuis 1975 et morte en 1994, et l’actrice Lauren Bacall. L’explication la plus probable est un simple dédoublement du nom « Jackie Kennedy-Onassis » en deux personnes distinctes.
Peut-on visiter Nicolas Feuillatte à Chouilly ?
Oui. Le site de Chouilly, à cinq minutes d’Épernay, a inauguré en avril 2017 de nouveaux locaux et un espace visiteurs. Le parcours commence par la cuverie, se poursuit par les caves, et la maison propose un atelier de dégustation à l’aveugle appelé Efferv’&Sens ainsi qu’une collection d’art contemporain. Les visites se font en français et en anglais, uniquement sur réservation, par billetterie en ligne, par courriel à [email protected] ou au 03 26 59 64 61.
Qui est le chef de caves de Nicolas Feuillatte ?
Guillaume Roffiaen, ingénieur agronome, diplôme national d’œnologue en 2002. Il avait découvert la maison lors de son stage de fin d’études, puis dirigé les caves de Champagne Drappier avant de revenir à Chouilly en 2014 comme directeur œnologie et qualité. Il vinifie chaque cru et chaque cépage séparément, ce qui est la seule façon de tenir un assemblage cohérent quand la matière première vient de 82 caves coopératives.
Un champagne de coopérative vaut-il un champagne de maison ?
La question est mal posée. Une coopérative n’est pas un niveau de qualité, c’est un mode d’organisation : les vignerons restent propriétaires de leurs vignes et apportent leur raisin. Ce qui détermine le vin, ici comme ailleurs, ce sont les crus d’origine, la sélection à la réception, la vinification parcellaire et le temps de cave. Chez Nicolas Feuillatte, la Réserve Exclusive Brut et la Palmes d’Or reposent sur des sourcings très différents, et cela s’entend bien plus sûrement que la mention « coopérative » sur l’étiquette.
Sources
- Champagne Nicolas Feuillatte, notre histoire : 1972, 1976, 1986, 1995, 2014, 2017, fusion de 2022
- Fiche officielle et prix de la Réserve Exclusive Brut, tous formats
- Fiche officielle de la Réserve Exclusive Premier Cru Extra-Brut, cinq secteurs de premiers crus
- Fiche officielle de l’Organic Extra Brut, Côte des Bar et Les Riceys
- Fiche officielle du Blanc de Blancs Millésime 2020
- Fiche officielle de Palmes d’Or 2009 Brut, crus et assemblage
- France 3 Côte Châteaux, mort de Nicolas Feuillatte le 10 août 2014 : biographie, Bouleuse, union du 6 mars 1986
- Terroirs et Vignerons de Champagne : 82 coopératives, plus de 6 000 vignerons, marques du groupe
- Au cœur du CHR, résultats 2025 du groupe : 229 M€, 12,1 millions de cols, évolution par marque
- Vitisphere, Philippe Dessertenne succède à Christophe Juarez le 3 mars 2026
- Vitisphere, Guillaume Roffiaen prend la direction œnologique, arrivée en 2014 après Drappier
- Aristote Onassis, mort le 15 mars 1975 à Neuilly-sur-Seine
- Tourisme en Champagne, visite du site de Chouilly : parcours, réservation, contacts
À lire aussi
- Champagne Henriot : la maison d’Apolline Henriot, entrée dans le même groupe en 2023
- Lanson Le Green Bio-Organic 2018 : la fiche, le prix, ce qui a changé
- Drappier Blanc de Blancs : la maison de la Côte des Bar d’où vient Guillaume Roffiaen
- Champagne millésimé à moins de 60 € : notre sélection 2026
- Le Champagne : maisons, cuvées et repères