Meilleur Chablis 2026 : sept bouteilles, du petit chablis au grand cru
À Chablis, on achète encore un premier cru réputé sous quarante euros et un grand cru sous cent. Voici sept bouteilles aux prix relevés le 11 septembre 2026 chez des vendeurs nommés, les sept grands crus remis dans l’ordre, et ce que les millésimes 2022 à 2025 changent à l’achat.
Le premier cru à acheter : le Montée de Tonnerre 2024 de Louis Michel et Fils, 39,90 € chez Vinatis, en stock le 11 septembre. Souvent présenté comme le plus recherché des premiers crus, élevé sans bois, et moins cher que les Montée de Tonnerre relevés dans nos autres guides, à 49 et 55 €.
Le chablis de tous les jours coûte 26 €. Deux écoles au même prix : la cuve inox chez Jean-Paul et Benoît Droin, une touche de bois au Domaine des Malandes. Pour découvrir l’appellation, le petit chablis de La Chablisienne est à 13 € sur la boutique de la coopérative.
Deux grands crus sous 100 € : Château Grenouilles 2021 à 68 € chez La Chablisienne, qui possède plus des trois quarts du climat, et le Valmur 2022 de William Fèvre à 98 € chez Millésima. Aux enchères, le grand cru de Chablis s’est vendu 223 € en moyenne au premier semestre 2025, selon iDealwine.
Le millésime : 2022 pour la régularité, 2024 pour la tension. Le 2023 est abondant et inégal. Et un chablis 2024 peut légalement contenir jusqu’à 15 % de vin de 2023, grâce à une réserve inventée à Chablis en 2005.
Sept grands crus, pas un de plus : Blanchot, Bougros, Les Clos, Grenouilles, Les Preuses, Valmur, Vaudésir. Montmains, qu’on voit parfois dans la liste, est un premier cru.
Notre méthode, et ce que ce guide n’est pas
Cette page ne contient aucune note de dégustation du Journal du Vin, et elle ne rend compte d’aucune dégustation comparative organisée pour l’occasion. Les classements de Chablis annoncent volontiers des panels de quinze ou vingt cuvées notées sur vingt ; sans protocole publié, ces notes n’ont que l’apparence de la mesure. Nous avons préféré trois informations vérifiables, qui suffisent à bien acheter.
- Les prix
- Relevés le 11 septembre 2026 chez un vendeur nommé : la boutique du producteur quand elle existe, sinon un caviste en ligne. Nous signalons les ruptures de stock. Une seule exception, indiquée comme telle : l’Envers de Valmur des Malandes, pour lequel nous n’avons trouvé qu’une moyenne de marché.
- Les vinifications
- Reprises des fiches des domaines et des vendeurs : cuve ou fût, levures, durée d’élevage. À Chablis, c’est l’information qui distingue le plus sûrement deux bouteilles de la même appellation.
- Les notes de critiques
- Citées sous le nom du critique, telles que les publie le vendeur. Nous ne les additionnons pas et n’en tirons aucune moyenne.
La sélection en un tableau
Sept bouteilles, une ou deux par niveau d’appellation, classées du moins cher au plus cher.
| Cuvée | Appellation | Prix | Relevé chez |
|---|---|---|---|
| La Chablisienne, « Pas si Petit » 2024 | Petit chablis | 13,00 € | Boutique de la coopérative |
| Jean-Paul et Benoît Droin, chablis 2023 | Chablis | 26,00 € | Comptoir des Millésimes, en stock |
| Domaine des Malandes, « Envers de Valmur » 2023 | Chablis | ≈ 26 € | Moyenne de marché Wine-Searcher |
| Louis Michel et Fils, Montée de Tonnerre 2024 | Premier cru | 39,90 € | Vinatis, en stock |
| Moreau-Naudet, Forêts 2023 | Premier cru | 46,00 € | Comptoir des Millésimes, en stock |
| La Chablisienne, Château Grenouilles 2021 | Grand cru | 68,00 € | Boutique de la coopérative |
| William Fèvre, Valmur 2022 | Grand cru | 98,00 € | Millésima |
Le constat le plus utile tient en une ligne : à Chablis, un premier cru réputé se trouve sous 40 € et un grand cru sous 100 €. C’est ce qui faisait conclure à notre guide des blancs de Bourgogne que Chablis est le meilleur endroit de la région pour acheter un grand cru, même si Les Clos de William Fèvre y était relevé autour de 185 €.
Petit chablis et chablis : l’entrée, et deux écoles à 26 €
Le premier palier se joue sur le sol, le second sur la cave. Le petit chablis vient pour l’essentiel des plateaux, sur un calcaire plus dur que celui des coteaux ; le chablis, sur les marnes qui font la réputation de l’appellation. Au sein du chablis, c’est ensuite le choix de la cuve ou du fût qui sépare deux bouteilles au même prix.
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La Chablisienne, « Pas si Petit » 2024 13,00 €
Petit chablis · coopérative fondée en 1923 · prix de la boutique de la coopérativeLa porte d’entrée la plus simple, par l’acteur qui pèse le plus. Fondée le 1er mai 1923, La Chablisienne réunissait en 2018 plus de 250 vignerons pour 1 250 hectares de vignes, et elle fournit plus du quart des volumes de Chablis. Son petit chablis 2024 est au prix que nous indiquions dans notre guide des blancs de Bourgogne à moins de 20 €, dans un millésime court en volume que l’interprofession place sous le signe de la tension.
Pourquoi un petit chablis n’est pas un chablis au rabais : la différence est d’abord géologique. L’appellation repose principalement sur le portlandien, un calcaire plus dur et plus récent que les marnes kimméridgiennes des coteaux. Le vin est plus léger et plus immédiat. Ce n’est pas un chablis de moindre qualité, c’est un autre sol, que nous détaillons plus bas.
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Jean-Paul et Benoît Droin, chablis 2023 26,00 €
Chablis · 9,33 ha, vignes de 35 ans en moyenne · fermentation en cuve inox, levures indigènes · Comptoir des Millésimes, en stockL’école de la cuve, chez un domaine qui sait aussi se servir du fût. Selon la fiche du caviste, ce chablis fermente en cuve inox sur ses levures indigènes, fait sa fermentation malolactique et s’assemble après huit à dix mois. Soixante-dix mille bouteilles par an, ce qui le rend trouvable. Le détail qui en dit long : sur ses premiers crus Montmains, Fourchaume ou Montée de Tonnerre, le même domaine fait fermenter une partie des vins en fût. Le bois est réservé aux vins qui ont la matière pour le porter.
La note d’un critique : 90/100 pour Robert Parker, telle que la cite le caviste.
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Domaine des Malandes, « Envers de Valmur » 2023 ≈ 26 €
Chablis · une touche de bois · moyenne de marché relevée par Wine-SearcherLe même prix, l’autre école. Le domaine décrit ce vin comme « pur, cristallin avec une touche de bois dans une structure riche et mûre ». Son nom dit la proximité du grand cru Valmur, mais le vin est un chablis, et il se paie comme tel. C’est aussi la bouteille par laquelle notre guide des blancs de Bourgogne recommandait d’entrer dans l’appellation.
Une limite, signalée : nous n’avons pas trouvé de prix affiché chez un caviste français au moment du relevé. Le chiffre retenu est la moyenne de marché calculée par Wine-Searcher.
Servis côte à côte, ces deux chablis au même prix montrent mieux qu’un long discours ce que change l’élevage : la cuve garde la ligne droite, le bois élargit le vin. C’est l’exercice que nous conseillons avant d’acheter des premiers crus par caisses.
Les premiers crus : Montée de Tonnerre sous 40 €, et un Montmains qui ne dit pas son nom
Quarante climats sont classés en premier cru, dont dix-sept principaux, sur 772 hectares en production selon l’interprofession, qui précise que les plus réputés sont sur la rive droite du Serein, de part et d’autre des grands crus. Les noms portés sur les étiquettes ne sont pas toujours ceux des dix-sept : beaucoup de domaines revendiquent un climat rattaché, plus petit et plus précis. C’est le cas de l’une de nos deux bouteilles.
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Louis Michel et Fils, Montée de Tonnerre 2024 39,90 €
Chablis premier cru · rive droite du Serein · élevage en cuve, sans bois · Vinatis, en stockLe meilleur achat de cette page. Montée de Tonnerre est souvent présenté comme le plus recherché des premiers crus de Chablis ; il regroupe plusieurs lieux-dits, dont Chapelots et Pied d’Aloup, et c’est là que Raveneau possède son plus grand parcellaire. Louis Michel et Fils a fait un choix radical : le domaine a renoncé au fût depuis des décennies et élève en cuve tous ses chablis, du village au grand cru. On y boit le climat sans maquillage.
Le point de comparaison : nos autres guides relevaient des Montée de Tonnerre autour de 49 € chez Samuel Billaud et de 55 € chez Vocoret. À 39,90 €, celui-ci est le moins cher des trois, dans le millésime 2024 dont l’interprofession souligne la tension.
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Moreau-Naudet, Forêts 2023 46,00 €
Chablis premier cru Montmains, climat Forêts · fûts et demi-muids · 14 % vol. · Comptoir des Millésimes, en stockForêts ne figure pas parmi les dix-sept climats principaux : c’est l’un des lieux-dits rattachés au premier cru Montmains, avec Butteaux. Le détail n’est pas qu’administratif. Montmains est justement le nom que l’on voit parfois glissé dans la liste des grands crus, où il n’a pas sa place, et Forêts en est l’une des expressions les plus recherchées : Raveneau y possède 0,60 hectare, et Dauvissat en tire sa cuvée La Forest, que le négociant américain Rare Wine Co. décrit comme presque l’égale des grands crus pour la moitié de leur prix.
Le vin est élevé en fûts et en demi-muids, et il affiche 14 % vol., un degré élevé pour un chablis, qui dit à lui seul le caractère solaire du millésime 2023. Le caviste le donne à boire jusqu’en 2040.
Les grands crus : sept climats, un seul coteau
Les grands crus de Chablis tiennent sur un seul coteau de la rive droite du Serein, face au village, pour environ 103 hectares. L’appellation date, comme le chablis, du décret du 13 janvier 1938. Sept climats, et pas un de plus.
| Climat | Surface | Dans ce guide |
|---|---|---|
| Blanchot | 12,93 ha | Raveneau y possède 0,60 ha |
| Bougros | 15,79 ha | Pas de bouteille retenue ici |
| Les Clos | 28,39 ha | Le plus vaste ; Raveneau et Dauvissat y sont propriétaires |
| Grenouilles | 9,38 ha | Le plus petit ; Château Grenouilles en couvre 7,2 ha |
| Les Preuses | 11,43 ha | Dauvissat y est propriétaire ; 5 % de La Moutonne |
| Valmur | 11,04 ha | William Fèvre y exploite 1,15 ha, Raveneau 0,75 ha |
| Vaudésir | 14,49 ha | 95 % de La Moutonne |
Montmains n’est pas un grand cru. On le lit dans certaines listes, à la place de Vaudésir ; c’est un premier cru, celui dont relève le Forêts de notre sélection. Autre source de confusion, La Moutonne : souvent présentée comme un huitième grand cru, elle n’est pas un climat officiel, mais un monopole du domaine Long-Depaquit, situé à environ 95 % dans Vaudésir et 5 % dans Les Preuses, et vendu sous l’appellation chablis grand cru.
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La Chablisienne, Château Grenouilles 2021 68,00 €
Chablis grand cru Grenouilles · 7,2 ha d’un seul tenant, exposés au sud-ouest · prix de la boutique de la coopérativeBoire du Grenouilles, c’est le plus souvent boire la coopérative. Sur les 9,38 hectares du plus petit des grands crus, Château Grenouilles en couvre 7,2 d’un seul tenant, plus des trois quarts, exposés au sud-ouest face au village. La Chablisienne le décrit comme une sélection de vieilles vignes vendangées à la main. Le 2021, millésime tendu marqué par le gel d’avril, est à 68 € sur sa boutique ; le 2022 se trouve à 82 € chez Millésima, qui indique quatorze mois d’élevage en cuve et en fût.
Les critiques ne sont pas d’accord sur le 2022 : 93/100 pour James Suckling, 89/100 pour Neal Martin chez Vinous, selon la fiche de Millésima. Quatre points d’écart sur le même vin rappellent qu’une note isolée ne fait pas un classement.
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William Fèvre, Valmur 2022 98,00 €
Chablis grand cru Valmur · 40 % du vin élevé en fût · MillésimaLe grand cru de référence, chez l’un des plus importants propriétaires de grands crus de l’appellation : 15,2 hectares, dont 1,15 hectare dans Valmur. Selon Millésima, 40 % du vin passe cinq à six mois en fût, le reste en cuve, pour dix-huit mois d’élevage au total. C’est environ la moitié du prix du Les Clos de la même maison, que nous relevions autour de 185 €.
Les notes des critiques, telles que les cite Millésima : 94+/100 pour Robert Parker, 17,5/20 pour Jancis Robinson, 93-95/100 pour Vinous, 94/100 pour Decanter.
Aux enchères, les grands crus de Chablis se sont vendus 223 € en moyenne au premier semestre 2025, selon iDealwine : ils représentent 2 % des surfaces et 28 % des volumes adjugés. Nos deux grands crus sont très en dessous de cette moyenne, parce qu’ils s’achètent à leur sortie, quand six bouteilles de Chablis sur dix vendues en salle ont plus de dix ans.
Raveneau et Dauvissat : les deux noms qu’on ne trouve pas
Tout classement de Chablis finit par les citer, et presque aucun ne dit comment les acheter. La réponse honnête : pratiquement pas au prix de sortie.
Le domaine Raveneau naît en 1948, quand François Raveneau épouse Andrée Dauvissat : les deux noms les plus célèbres de l’appellation sont liés par un mariage. Raveneau possède trois grands crus, Les Clos (0,54 ha), Blanchot (0,60 ha) et Valmur (0,75 ha), et son plus grand parcellaire est en premier cru, dans Montée de Tonnerre, avec 3,20 hectares. Les vins fermentent en cuve, puis passent environ un an en feuillettes, des fûts d’environ la moitié d’une barrique qui n’apportent pas d’arôme de bois neuf. Chez Dauvissat, propriétaire notamment dans Les Clos et Les Preuses, tout l’élevage se fait en fûts de six à huit ans.
Le site du domaine Raveneau ne propose pas de vente, et les cavistes qui le référencent l’affichent le plus souvent épuisé. Les chablis de village de Dauvissat sont produits, selon Rare Wine Co., en quantités minuscules. Le marché où l’on trouve ces deux domaines est celui des enchères, et ils le dominent : au premier semestre 2025, iDealwine a adjugé un Blanchot 1990 de Raveneau à 1 565 €, seul chablis du top 20 des blancs de Bourgogne, et un Les Clos 1989 de Dauvissat à 876 €. Le Les Clos de Raveneau approche les 1 000 € en moyenne.
Notre conseil : cherchez leurs climats chez d’autres. Le Montée de Tonnerre de Louis Michel et Fils, à 39,90 €, et le Forêts de Moreau-Naudet, à 46 €, viennent de deux premiers crus où Raveneau possède des vignes. Ce ne sont pas les mêmes vins, mais ce sont les mêmes sols.
Cuve ou fût : la vraie ligne de partage
On résume souvent Chablis au chardonnay sans bois. C’est vrai du style dominant, pas de toute l’appellation, et le fût y est une tradition bien antérieure à la cuve inox : la feuillette, fût local d’environ la moitié d’une barrique, est encore celui de Raveneau.
Nos sept bouteilles, et les deux domaines hors d’atteinte, couvrent tout le spectre :
- Tout en cuve
- Louis Michel et Fils, pour tous ses chablis, du village au grand cru.
- La cuve pour le village
- Jean-Paul et Benoît Droin, qui réserve une part de fût à ses premiers crus.
- Une touche de bois
- Le Domaine des Malandes sur l’Envers de Valmur, selon ses propres termes.
- 40 % en fût
- William Fèvre sur le Valmur 2022, pendant cinq à six mois.
- Fûts et demi-muids
- Moreau-Naudet sur le Forêts 2023.
- Des fûts anciens
- Raveneau en feuillettes, Dauvissat en fûts de six à huit ans : le bois y ouvre le vin sans lui donner de goût de bois neuf.
Aucun de ces choix n’est un gage de qualité en soi. Le fût donne de la largeur et arrondit l’acidité, la cuve préserve la droiture ; la question est de savoir ce que vous cherchez. Sur une sole meunière, un premier cru tient le beurre de cuisson ; sur un poisson vapeur, un chablis de village suffit, comme nous l’expliquions dans notre guide quel vin avec le poisson.
Les millésimes à acheter en 2026
Quatre millésimes sont en vente, un cinquième s’annonce, et ils ne se ressemblent pas.
| Millésime | Ce qu’on en sait | À l’achat |
|---|---|---|
| 2021 | Récolte marquée par le gel d’avril, vins tendus et plus maigres | Pour les grands crus, comme Château Grenouilles à 68 € |
| 2022 | Récolte généreuse, millésime jugé plus régulier que 2023 par la critique | La valeur sûre des premiers et grands crus |
| 2023 | Récolte très abondante ; acidité basse et pH élevé selon Sarah Marsh MW | Choisir le domaine avant l’étiquette |
| 2024 | Moins de 170 000 hl, la moitié du potentiel ; tension et minéralité selon l’interprofession | Pour les chablis et petits chablis, en volumes courts |
| 2025 | Vendanges dès le 18 août, environ 300 000 hl | Jugé prometteur, encore à venir |
Le 2023 mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il est partout en rayon. L’interprofession a salué un millésime qui « allie quantité et qualité », le deuxième de suite au-dessus de la moyenne. La critique est plus réservée : pour World of Fine Wine, Sarah Marsh, Master of Wine, décrit des vins agréables et accessibles, à l’acidité basse et au pH élevé, un millésime partagé entre les domaines qui ont tenu leurs rendements et les autres, et, dans l’ensemble, « plus chardonnay que chablis ». Elle juge le 2022 plus régulier. Le Forêts de Moreau-Naudet, à 14 % vol., illustre ce caractère solaire : en 2023, le nom du domaine compte davantage que celui du climat.
Le 2024 pose une question que les étiquettes ne résolvent pas. Le gel, la grêle et le mildiou ont ramené la récolte sous les 170 000 hectolitres, environ la moitié du potentiel, selon Vitisphere en octobre 2024. Pour amortir le choc, Chablis dispose d’un outil qu’il a inventé en 2005, le volume complémentaire individuel, ou VCI : une réserve constituée les années généreuses. Après 2023, les producteurs en détenaient près de 100 000 hectolitres, un niveau jamais atteint selon Adrien Michaut, président de la Fédération de défense de l’appellation Chablis. Ce vin peut être vendu sous son millésime d’origine, ou assemblé à la récolte 2024 dans la limite de 15 %. Autrement dit, un chablis 2024 peut légalement contenir une part de 2023. Ce n’est pas une fraude, c’est la règle, et c’est ce qui permet d’amortir une récolte réduite de moitié. Sur le style, l’interprofession écrit que les vins « expriment une belle typicité chablisienne, avec tension et minéralité au programme ».
Le 2025 arrive à peine, et par les appellations régionales : la boutique de La Chablisienne propose déjà ses bourgognes 2025, pas encore ses chablis. Les vendanges ont commencé le 18 août, après deux canicules proches de 40 °C, et 120 à 130 millimètres de pluie sont tombés en trente-six heures fin août, début septembre. Les volumes officiels tournent autour de 300 000 hectolitres, pour des rendements annoncés de 50 à 55 hectolitres par hectare, que le vigneron Gilles Fèvre dit « souvent inférieurs à 40 hL/ha ». Louis Moreau, président de la commission Chablis du BIVB, résume : « C’est prometteur ! » Rendez-vous l’an prochain pour le vérifier en bouteille.
Kimméridgien et portlandien : ce que l’étiquette dit du sol
La hiérarchie de Chablis est d’abord une carte géologique. Selon l’interprofession, le chablis, le premier cru et le grand cru se trouvent majoritairement sur des sols du kimméridgien, formés il y a plus de 150 millions d’années dans une mer chaude et peu profonde, où les dépôts calcaires se sont mêlés à l’argile : ce sont des marnes, truffées de petites huîtres fossiles, les Exogyra virgula. Le petit chablis repose principalement sur le portlandien, aujourd’hui appelé tithonien, formé quand la mer était plus haute et que l’érosion apportait moins d’argile : des calcaires « beaucoup plus durs ».
Ces marnes kimméridgiennes ne sont pas propres à Chablis. On les retrouve dans les terres blanches de Sancerre, comme l’explique notre guide du Sancerre, et dans la Côte des Bar, en Champagne, où elles distinguent Drappier des maisons de la craie. Ce qui appartient à Chablis, c’est la situation : un coteau de grands crus exposé au sud-ouest, face au village, dans un vignoble plus proche de la Champagne que de Beaune.
FAQ : vos questions sur le Chablis
Quel est le meilleur Chablis à acheter en 2026 ?
Il n’y a pas de meilleur Chablis dans l’absolu, mais un meilleur achat à chaque niveau. Prix relevés le 11 septembre 2026 : pour découvrir, le petit chablis « Pas si Petit » 2024 de La Chablisienne à 13 € sur la boutique de la coopérative ; pour tous les jours, le chablis 2023 de Jean-Paul et Benoît Droin à 26 € chez Comptoir des Millésimes ; pour un premier cru, le Montée de Tonnerre 2024 de Louis Michel et Fils à 39,90 € chez Vinatis ; pour un grand cru, Château Grenouilles 2021 à 68 € chez La Chablisienne, ou le Valmur 2022 de William Fèvre à 98 € chez Millésima. Ces choix ne reposent sur aucune note de dégustation du Journal du Vin : prix, disponibilité et méthodes de vinification sont vérifiés et sourcés.
Quelle différence entre petit chablis, chablis, premier cru et grand cru ?
Quatre appellations, qui correspondent d’abord à des sols et à des situations. Le petit chablis vient surtout des plateaux, sur les calcaires durs du portlandien, aujourd’hui appelé tithonien. Le chablis, 3 716 hectares en production selon l’interprofession, et le chablis premier cru, 772 hectares répartis en 40 climats dont 17 principaux, sont majoritairement sur les marnes du kimméridgien, riches en petites huîtres fossiles. Le grand cru regroupe sept climats sur un seul coteau de la rive droite du Serein, environ 103 hectares. Dans notre sélection, cela donne 13 € pour le petit chablis, 26 € pour les chablis, 39,90 et 46 € pour les premiers crus, 68 et 98 € pour les grands crus.
Quels sont les sept grands crus de Chablis ?
Blanchot (12,93 ha), Bougros (15,79 ha), Les Clos (28,39 ha), Grenouilles (9,38 ha), Les Preuses (11,43 ha), Valmur (11,04 ha) et Vaudésir (14,49 ha), soit environ 103 hectares sur le même coteau. Montmains, que certaines listes y glissent à la place de Vaudésir, est un premier cru. La Moutonne, parfois présentée comme un huitième grand cru, n’est pas un climat officiel : c’est un monopole du domaine Long-Depaquit, situé à environ 95 % dans Vaudésir et 5 % dans Les Preuses, vendu sous l’appellation chablis grand cru.
Quel millésime de Chablis acheter en 2026 ?
2022 pour la régularité, 2024 pour la tension. Le 2023, très abondant, est salué par l’interprofession comme un millésime qui allie quantité et qualité, mais la critique le juge inégal : Sarah Marsh, Master of Wine, relève pour World of Fine Wine une acidité basse et un pH élevé, et estime le 2022 plus régulier. Le 2024 est une petite récolte, moins de 170 000 hectolitres selon Vitisphere, environ la moitié du potentiel après le gel, la grêle et le mildiou ; l’interprofession y décrit tension et minéralité. Le 2025, vendangé dès le 18 août, est jugé « prometteur » par le président de la commission Chablis du BIVB, mais ses chablis ne sont pas encore en vente pour l’essentiel.
Un chablis 2024 peut-il contenir du vin de 2023 ?
Oui, légalement, jusqu’à 15 %. Chablis a inventé en 2005 le volume complémentaire individuel, ou VCI, une réserve de vin constituée les années abondantes. Après la récolte généreuse de 2023, les producteurs en détenaient près de 100 000 hectolitres, selon Vitisphere en octobre 2024. Ce vin peut être vendu sous son millésime d’origine ou assemblé à la récolte 2024, dans la limite de 15 %. Ce n’est pas une fraude mais la règle, et c’est ce qui permet d’amortir une récolte réduite de moitié.
Le chablis est-il élevé en fût ?
Pas forcément, et c’est la vraie ligne de partage entre les domaines. Louis Michel et Fils élève tous ses chablis en cuve, du village au grand cru. Jean-Paul et Benoît Droin fait fermenter son chablis en cuve inox et une partie de ses premiers crus en fût. William Fèvre élève 40 % de son Valmur 2022 en fût. Raveneau fait fermenter en cuve, puis élève ses vins en feuillettes, des fûts d’environ la moitié d’une barrique qui n’apportent pas d’arôme de bois neuf. Le fût n’est ni un gage de qualité ni un défaut : il donne un vin plus large, la cuve un vin plus droit.
Combien coûte un Chablis grand cru ?
À leur sortie, nos deux grands crus coûtent 68 € (Château Grenouilles 2021, boutique de La Chablisienne) et 98 € (Valmur 2022 de William Fèvre, Millésima) ; notre guide des blancs de Bourgogne relevait Les Clos de Fèvre autour de 185 €. Aux enchères, le prix moyen des grands crus de Chablis a atteint 223 € au premier semestre 2025 selon iDealwine, sur 2 491 bouteilles de Chablis adjugées. Le sommet appartient à Raveneau : 1 565 € pour un Blanchot 1990.
Où acheter du Raveneau ou du Dauvissat ?
Pratiquement pas au prix de sortie. Le site du domaine Raveneau ne propose pas de vente, les cavistes qui le référencent l’affichent le plus souvent épuisé, et Dauvissat est tout aussi rare. Le marché accessible est celui des enchères, que ces deux domaines dominent : au premier semestre 2025, iDealwine a adjugé un Blanchot 1990 de Raveneau à 1 565 € et un Les Clos 1989 de Dauvissat à 876 €. Pour approcher leurs sols sans leurs prix, cherchez leurs climats chez d’autres : Montée de Tonnerre, où Raveneau possède 3,20 hectares, est dans notre sélection à 39,90 € chez Louis Michel et Fils.
Sources
- Vins de Bourgogne (BIVB), Chablis et Chablis Premier Cru : surfaces, volumes, climats et décret du 13 janvier 1938
- Les vins de Chablis, un sous-sol particulier : kimméridgien et portlandien
- Les vins de Chablis, communiqués de presse sur les millésimes 2023 (2 février 2024) et 2024 (5 novembre 2024)
- Chablis grand cru : surfaces des sept climats et La Moutonne
- Chablis premier cru : climats principaux et climats rattachés
- Vitisphere, Clément L’Hôte, les 100 000 hl de VCI qui changent tout pour les vins de Chablis, 25 octobre 2024
- World of Fine Wine, Sarah Marsh MW, le millésime 2023 à Chablis, 15 janvier 2025
- Portail Vins, Chablis 2025 : précocité record, coulure et pluies d’août, 19 mai 2026
- iDealwine, notre classement des meilleurs vins de Chablis : enchères du premier semestre 2025, 16 octobre 2025
- Domaine Raveneau, histoire du domaine
- Domaine Raveneau : parcellaire et élevage
- Rare Wine Co., Raveneau : fermentation en cuve et élevage en feuillettes
- Rare Wine Co., Dauvissat : grands crus, La Forest et élevage en fûts anciens
- La Chablisienne : fondation, adhérents, surfaces et part des volumes
- La Chablisienne, boutique en ligne : tarifs du « Pas si Petit » 2024 et de Château Grenouilles 2021
- La Chablisienne, Château Grenouilles : surface et exposition
- Comptoir des Millésimes, chablis 2023 de Jean-Paul et Benoît Droin
- Comptoir des Millésimes, chablis premier cru Forêts 2023 de Moreau-Naudet
- Vinatis, chablis premier cru Montée de Tonnerre de Louis Michel et Fils, millésime 2024 au moment du relevé
- Millésima, chablis grand cru Valmur 2022 de William Fèvre
- Millésima, chablis grand cru Château Grenouilles 2022
- Domaine des Malandes, chablis Envers de Valmur
- Wine-Searcher, prix moyen de l’Envers de Valmur des Malandes
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